Manière d’étudier les langues. Paris, Saillant, 1768, in-12.

L’auteur de cet ouvrage est un esprit sage, et les méthodes qu’il indique se rapprochent de celles de Locke.

Quant à l’orthographe, il s’exprime ainsi:

«Nous avons des regles générales pour l’orthographe; mais la plupart sont si obscures, si compliquées, et modifiées par tant d’exceptions, qu’il est difficile aux jeunes gens de les retenir. D’ailleurs, il ne suffit pas, pour l’orthographe usuelle dont nous parlons, de pouvoir en examiner les regles, mais bien de trouver la manière d’écrire les mots correctement: la rapidité de l’écriture ne donne pas le loisir de faire cet examen. Il faut qu’avec le mot la manière de l’écrire se présente sur-le-champ à l’esprit, sans aucune réflexion.

«On emploie communément une méthode meilleure; on fait copier des livres imprimés, et l’attention qu’on donne, en copiant, à chacune des lettres dont le mot est composé le grave plus profondément à l’esprit.....

«Les mots, tels qu’on les a lus, restent gravés dans la mémoire; lorsque dans la suite on les emploie en écrivant, on les copie sur cette image.»

L’exposition de ce système, que d’autres ont également proposé, prouve que les difficultés de l’orthographe sont telles qu’il faut apprendre à connaître les mots par leur configuration, comme pour la LANGUE CHINOISE.

De l’orthographe, ou des moyens simples et raisonnés de diminuer les imperfections de notre orthographe, de la rendre beaucoup plus aisée, etc., pour servir de supplément aus différentes éditions de la Grammaire française de M. de Wailly. Paris, Barbou, 1771, in-12.

Dans cet écrit fort sage, l’auteur constate la nécessité d’améliorer successivement l’orthographe et de la simplifier. Il se refuse à l’introduction de lettres nouvelles, comme l’ont fait des réformateurs trop hardis, qu’il traite de ridicules. Mais nous ne tirons pas, selon lui, de nos accents tout l’usage que nous pourrions en obtenir. Il désire surtout le retranchement de toute lettre double sans valeur phonique. «Les personnes, dit-il, qui voient ces lètres sans valeur sont arêtées dans leur lecture, parce que dans certains mots on les prononce, tandis que dans d’autres semblables, èles n’ont aucun son. Cète bisarerie de notre orthographe est cause qu’il n’y a peut-être pas deux ouvrages qui soient par-tout orthographiés de même. Cette variété fait perdre beaucoup de tems aux compositeurs dans les imprimeries, aux gens de lètres qui font imprimer leurs ouvrages; en un mot, à tous ceux qui veulent orthographier et prononcer correctement la langue française.

«Cette orthographe que nous apelons nouvèle était,» selon une judicieuse remarque de l’auteur, «celle de nos plus anciens écrivains, de presque tous les auteurs des XIe et XIIe siècles.»