Le grand vocabulaire françois, par une Société de gens de lettres. Paris, Panckoucke, 1772, 30 volumes in-4.

Ce dictionnaire contient un grand article sur l’ORTHOGRAPHE, où est exposé «l’emploi vicieux que l’on fait de chaque signe en le comparant avec celui que la raison voudrait qu’on en fît pour que l’écriture cessât d’être une image équivoque ou ridicule de la parole.»

Mais comme les modifications indiquées sont pareilles à celles que Girard, Duclos, Wailly, Beauzée et autres réformateurs modérés avaient déjà proposées, et que les raisons pour rapprocher l’écriture de la prononciation, bien qu’exposées avec conviction et énergie, sont similaires, je me borne à ce passage:

«C’est certainement une opiniâtreté bizarre que de s’obstiner à écrire un mot selon son étimologie pour avertir ensuite qu’on doit le prononcer autrement qu’il ne s’écrit[187]

[187] «Au reste nous indiquons partout dans le cours du Grand Vocabulaire, l’orthographe avec laquelle on a coutume d’écrire aujourd’hui les mots, et celle qu’on devroit y substituer.»

Viard. Les vrais principes de la lecture, de l’orthographe et de la prononciation françoises, de feu M. Viard, revus et augmentés par M. Luneau de Boisgermain. Paris, Delalain, 1773, 2 part. en 1 vol. in-8 de VI et 104 pp. et de 111 pp. (Il y eut des éditions antérieures à celle-ci, puisque Luneau se plaint, dans un avis au lecteur, des contrefaçons de ce livre faites à Bordeaux, Avignon, etc., et il cite une édition des Principes faite à Bouillon en 1764, chez Foissy.)

Cet ouvrage n’est point un traité d’orthographe, mais une réforme de l’enseignement de la lecture fondée sur la nouvelle épellation des lettres, be, ce, de, fe, etc., et sur l’épellation des consonnes qui se suivent.

J.-B. Roche. Entretiens sur l’orthographe françoise et autres objets analogues. Nantes, veuve Brun, 1777, in-8 de 8 ff. prél., 732 pp. et 19 ff. de table.

Dans ce gros volume, l’auteur, sous une forme agréable, celle d’un dialogue, traite de toutes les questions qui concernent l’orthographe et la grammaire. La lecture en est moins pénible que celle des traités ordinaires sur le même sujet. On voit partout que l’auteur est partisan d’une réforme modérée; et ses vœux ont été réalisés sur certains points.

Après que les interlocuteurs, Sophie, la marquise, un abbé, un comte et un lord, ont constaté l’incohérence de ce qu’on appelle l’usage, l’auteur fait dire à l’un des interlocuteurs: