M. Brunet, dans son Manuel, dit que cet ouvrage a trait à la réforme orthographique.

* Boulliette. Traité des sons de la langue française et des caractères qui les représentent. Paris, 1788, 2 vol. in-12.

Beauzée, de l’Académie française. Articles Orthographe et surtout Néographisme dans l’Encyclopédie méthodique de Panckoucke, Grammaire et littérature, t. II, Paris, 1789, in-4.

Beauzée, après avoir donné, dans l’article Orthographe, le résumé de l’argumentation en faveur de l’écriture étymologique, qu’il devait si fortement ébranler lui-même, a défendu avec une grande supériorité de raison et d’éloquence la nécessité d’une réforme modérée, en avouant en toute bonne foi sa récente conversion au principe de la néographie, conversion que je crois due au travail approfondi de Wailly, analysé plus haut, p. [276].

Voici un extrait de ce que Beauzée avait dit en faveur de l’étymologie:

«Si l’orthographe est moins sujette que la voix à subir des changements de forme, elle devient par là même dépositaire et témoin de l’ancienne prononciation des mots; elle facilite ainsi la connaissance des étymologies.

«Ainsi, dit le président de Brosses, lors même qu’on ne retrouve plus rien dans le son, on retrouve tout dans la figure avec un peu d’examen..... Exemple. Si je dis que le mot françois sceau vient du latin sigillum, l’identité de signification me porte d’abord à croire que je dis vrai; l’oreille, au contraire, me doit faire juger que je dis faux, n’y ayant aucune ressemblance entre le son so que nous prononçons et le latin sigillum. Entre ces deux juges qui sont d’opinion contraire, je sais que le premier est le meilleur que je puisse avoir en pareille matière, pourvu qu’il soit appuyé d’ailleurs; car il ne prouveroit rien seul. Consultons donc la figure, et, sachant que l’ancienne terminaison françoise en el a été récemment changée en eau dans plusieurs termes, que l’on disoit scel au lieu de sceau et que cette terminaison ancienne s’est même conservée dans les composés du mot que j’examine, puisque l’on dit contrescel et non pas contresceau, je retrouve alors dans le latin et le françois la même suite de consonnes ou d’articulations: sgl en latin, scl en françois, prouvent que les mêmes organes ont agi dans le même ordre en formant les deux mots: par où je vois que j’ai eu raison de déférer à l’identité du sens, plus tôt qu’à la contrariété des sons.»

«Ce raisonnement étymologique me paroît d’autant mieux fondé, reprend Beauzée, et d’autant plus propre à devenir universel, que l’on doit regarder les articulations comme la partie essencielle des langues, et les consonnes comme la partie essencielle de leur orthographe.»

Après avoir ainsi exposé les motifs en faveur de l’écriture étymologique, motifs qui ne sauraient d’ailleurs convenir à un dictionnaire de la langue usuelle, le savant académicien prend la défense du néographisme auquel il s’était montré d’abord opposé:

«On peut aisément abuser, dit-on, du principe que les lettres étant instituées pour représenter les éléments de la voix, l’écriture doit se conformer à la prononciation.