«Il dédouble les formes du j et du l pour représenter leurs deux sons similaires;—il rectifie trois signes binaires (èn, in, en).

«Enfin, il ajoute deux signes nouveaux pour ll mouillé et le son ou

Voici le nouvel alphabet complet, avec l’indication des valeurs nouvelles:

aℐ (j)pî
bȷ (ch)qê (eu)
dlrô
eℓ (mouillé)sû
èmtan
énuèn (in)
fŋ (gn)vin (im)
gozon
iω (ou)âen (eun)

Dans le nouveau système, les 26 caractères de l’alphabet ne changent jamais de valeur phonétique, quels que soient les signes qui les précèdent ou les suivent dans la composition des mots. Exemple:

habitabiôterotéagneauaŋô
anneauanochapeauȷapôheureuxêrê
boulebωleanguilleangiℓesexagénaireseqsagénère
hommeomechiquenaudeȷiqenodeconstructionqonstruqsion
femmefamepré aux clercspré ô qlerstrictementstriqteman
chacunȷaqenchocolatierȷoqolatiéstrychninestriqnine
oiseauωazoperplexitéperpléqsitéemprunteuseanprentêze

L’auteur pose (p. 194) ce principe, sur lequel je crois devoir appeler toute l’attention des novateurs en orthographie: Maintien de tous les signes utiles pour l’intelligence des mots et des phrases et pour l’euphonie de la langue parlée; élimination de tous les autres signes.

«On écrira donc, continue M. Raoux, toutes les lettres grammaticales qui servent à éclaircir le sens des mots et des phrases, à lever des doutes, à faire disparaître des équivoques ou à prévenir des hiatus et des consonnances désagréables. Toutefois, on distinguera les lettres actives ou phonétiques des lettres passives ou muettes, en les séparant par un tiret indiquant que ces dernières n’ont pas droit aux honneurs de la prononciation, et ne sont que des signes additionnels dont la destinée est de disparaître lorsque la langue parlée aura comblé ses fâcheuses lacunes et réduit le nombre exorbitant de ses homophones.

«Ainsi l’on écrira le r de l’infinitif et le z de l’impératif (en les séparant par un tiret) toutes les fois que le sens de la phrase ne permettra pas de les distinguer l’un de l’autre, ainsi que du participe passé, c’est-à-dire lorsqu’on hésitera entre les trois homophones é, er, ez des verbes de la première conjugaison: aimé, aime-r, aime-z, travaillé, travaille-r, travaille-z. On écrira encore: montéZ à cheval; il boiT et mange bien; je voudrais qu’il allâT avec vous, etc., afin d’éviter des hiatus et des consonnances peu agréables pour l’oreille, mais on ne séparera pas ces lettres euphoniques par un tiret, comme les signes affectés de mutisme.»

Cette citation suffit pour faire écrouler tout le système de M. Raoux, et il prononce lui-même, sans s’en apercevoir, la condamnation de la phonographie comme écriture usuelle de la langue française, comme méthode même d’enseignement dans les classes élémentaires.