| abdicare | abdicatio | abdication | abstergere | abstersio | abstersion |
| abjurare | abjuratio | abjuration | extorquere | extorsio | extorsion |
| retinere | retentio | rétention | infundere | infusio | infusion |
| jubere | jussio | jussion | incurrere | incursio | incursion |
| miscere | [mixtus] | mixtion | demittere | demissio | démission |
| prætendere | prætentio | prétention[73] | opprimere | oppressio | oppression |
| attendere | attentio | attention | suspicere | suspicio | suspicion |
| convertere | conversio | conversion | sugere | suxio | succion |
| adspergere | adspersio | aspersion | audire | auditio | audition |
[73] Racine, ainsi qu’on peut le voir au manuscrit autographe de la Bibliothèque impériale, écrivait avec raison pretension (en latin prætensio), et, en effet, nous écrivons tension. Nous devrions donc écrire de même attension que Bossuet écrit atantion. On trouve néanmoins dans Du Cange un exemple de prætentio. De tous ces mots de la troisième conjugaison latine, prétention est le seul auquel l’Académie ait conservé le t, parce que les Latins l’ont employé exceptionnellement dans ce mot. Mais puisqu’ils écrivent infusio et nous infusion, quelle différence y a-t-il entre prætendere et infundere qui puisse justifier cette contradiction?
Je croyais avoir émis le premier cette idée fort simple de l’emploi du t cédille, ţ, mais j’étais devancé par Port-Royal, qui propose dans le même but de placer un point sous le ṭ. La cédille sous le ţ se trouve même mise en pratique à Amsterdam en 1663 par Simon Moinet, le correcteur des Elzeviers[74], ce qui prouve que l’idée en est bonne et très-praticable.
[74] La Rome ridicule du sieur de Saint Amant travêstië a la nouvelle ortografe; pure invanţion de Simon Moinêt, Parisiïn, Amsterdam, aus dêpans é de l’imprimerië de Simon Moinêt, 1663, in-12.
VI
DE L’Y GREC.
Cette lettre, dont l’emploi abusif foisonne dans les manuscrits français et les impressions gothiques de la fin du quinzième siècle et du commencement du seizième, et jusque dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie, devrait être ramenée exclusivement à son véritable emploi, le remplacement du double i, exemples: atermoyer, ayons, citoyen, crayon, moyen, octroyer, pays, voyez.
Dès ses premières éditions, l’Académie fit disparaître un grand nombre d’y faisant fonction d’i simples, au grand déplaisir des scribes qui se complaisaient à l’employer comme un ornement calligraphique, et aussi pour remédier à la confusion que l’i, simple jambage, laissait dans l’ancienne écriture lorsque, à côté des autres jambages des m, n, ou u, il n’était pas surmonté du point, confusion que l’on remarque dans la plupart des diplômes et des manuscrits antérieurs à l’époque de la Renaissance.
Elle élimina même successivement l’y dans un certain nombre de mots où l’étymologie l’eût réclamé. Tels sont abyme, alchymie, amydon, anévrysme, chymie, cyme, colysée, crystal, gyratoire, satyrique (écrit), et tant d’autres, qu’on écrit aujourd’hui abîme, amidon, anévrisme, chimie, cime, colisée, cristal, giratoire, satirique, etc. Dans sa cinquième édition, analise, analiser, analitique, ayant été ainsi écrits dans les ouvrages imprimés alors, ces mots se produisirent sans y; mais l’Académie dans la sixième édition ayant rétabli analyse et analyser, les imprimeries durent se conformer à ce retour à l’ancienne orthographe, de même qu’elles rétabliront l’i si l’Académie en donne de nouveau l’exemple dans la nouvelle édition qu’elle prépare.
Puisque les Latins n’ont pas conservé dans silva le ὑ ou y grec de ὕλη, pourquoi écrivons-nous encore sylvain, sylvestre, tandis que nous avons saint Silvestre? Pourquoi hyémal, lorsqu’on écrit hivernal et hiver, également dérivés de hiems? Dans l’ancien français on écrivait même iver et iverner.
Ne pourrait-on pas adopter l’i au lieu de l’y dans certains mots d’un usage assez général, comme anonyme, apocryphe, asphyxie, cacochyme, cataclysme, chyle, chyme (à cause de chimie), clysoir, clystère, collyre, cycle, cygne, cynisme, cyprès, gymnase, mystère (Bossuet écrit mistère et mistique), oxyde, oxygène, style[75], syllabe, symétrie, symphonie, syndicat, syncope, syphilis, système, type, tyran (Bossuet écrit tiran)[76], etc.?