Il prit à travers champs, accompagné de son chien qui quêtait la queue au vent, et, tout en marchant, il donnait à mon guide d'utiles renseignements sur l'itinéraire qu'il nous fallait suivre.
—As-tu compris? dit-il enfin. Et sur un signe de l'homme d'Étain:
—Quand vous serez à un village qu'on appelle la Malmaison, demandez
M. le maire; c'est un brave homme qui vous donnera un coup d'épaule.
J'échangeai une rude poignée de main avec le braconnier de Longuyon et m'engageai dans un pays magnifique. Encore une promenade de quelques lieues et j'étais en Belgique.
Le maire de Malmaison était bien l'homme que m'avait indiqué mon ami de la dernière heure. Le regard amical et compatissant qu'il me jeta m'encouragea à ce point que, pour la première fois depuis mon départ d'Étain, j'enlevai la vieille casquette de loutre qui me couvrait. Il sourit en voyant la trace noire de mes cheveux rasés.
—Ah! un zouave! murmura-t-il.
—Et du 3e, répondis-je.
—Et qu'est-ce qui reste du régiment?
—De quoi faire une compagnie, je crois.
Il soupira.