[Note 35: ][(retour) ] Ad Cancalandensem locum altitudine silvarum inaccessum et montium. Amm. Marc., xxxi, 4.
[Note 36: ][(retour) ] Thraciæ receptaculum gemina ratione sibi convenientius, quod et cæspitis est feracissimi, et amplitudine fluentorum Histri distinguitur a Barbaris, patentibus jam peregrini fulminibus Martis. Amm. Marc. XXXI, 3.
[Note 37: ][(retour) ] Assefebat Athanaricus sub timenda execratione jurisjurandi se esse obstrictum mandatisque prohibitum patris, ne solum calcaret aliquando Romanorum. Amm. Marc., XXVII, 5.
[Note 38: ][(retour) ] Socrat., IV, 53.--Sozom., v, 37.--Epiph. Hœres., 70.--Acta. S. Sabæ goth. ap. Bolland. 12 April.
[Note 39: ][(retour) ] Athanaricus, rex Gothorum, christianos in gente sua crudelissime persecutus, plurimos barbarorum ob fidem interfectos, ad coronam martyrii sublimavit, quorum tamen plurimi in romanum solum non trepidi, velut ad hostes, sed certi quod ad fratres, pro Christi confessione, fugerunt. Oros., l. VII, c. 32.
[Note 39a: ][(retour) ] Ulphilas, Wlphilas; Οὐλῳίλας Οὐρφίλας;--Ulf. secours, protection, en langue gothique.
Ulfila, dont le nom est resté si célèbre dans l'histoire des Goths, tirait son origine de la Cappadoce. Comme les tempêtes emportent au loin sur leurs ailes le germe des meilleurs fruits, la guerre et le pillage avaient apporté chez les Visigoths les semences du christianisme: des familles romaines traînées en captivité leur avaient donné leurs premiers apôtres[40]. D'une de ces familles sortait Ulfila. Né en Gothie, élevé parmi les Barbares, sous les yeux d'un père chrétien et romain[41], il unit dans son cœur le culte de Rome chrétienne à un amour dévoué pour sa nouvelle patrie. Des liens de reconnaissance personnelle le rattachaient d'ailleurs aux Romains: il n'oublia jamais qu'ayant été chargé, bien jeune encore, d'une mission des rois goths à Constantinople, le grand Constantin l'avait accueilli avec intérêt, et fait ordonner évêque de sa nation malgré son âge, et enfin qu'un personnage alors fameux, Eusèbe de Nicomédie, le chapelain et le confident de l'empereur, lui avait imposé les mains[42]. De retour en Gothie, Ulfila s'était voué corps et âme à la conversion de ses compatriotes barbares. Pour faciliter sa prédication et rompre en même temps avec les traditions poétiques, qui ne parlaient aux Goths que de leurs dieux nationaux, il imagina de traduire dans leur langue le livre des chrétiens, et, comme les Goths n'avaient pas d'écriture, il leur composa un alphabet avec des caractères grecs et quelques autres, peut-être runiques, qu'il affecta à certaines articulations particulières à leur idiome[43]. Toutefois il s'abstint de traduire dans l'Ancien Testament les livres des Rois, où sont racontées les guerres du peuple hébreu, de peur de stimuler chez sa nation le goût des armes, déjà trop prononcé, et pensant, dit le contemporain qui nous donne ce détail, que les Goths, en fait de batailles, avaient plutôt besoin de frein que d'éperon[44]. Cette idée naïve peint d'un seul trait le bon et saint prêtre que de tels scrupules tourmentaient. Son œuvre eut plus de portée encore qu'il ne l'avait espéré: ce fut toute une révolution dans les mœurs des Visigoths; aussi ses compatriotes lui décernèrent-ils le titre de nouveau Moïse[45]. En sa qualité d'évêque, Ulfila avait assisté à plusieurs conciles de la chrétienté romaine, où il s'était fait estimer par la droiture de son âme et la sincérité de sa foi plus que par sa science théologique. Quand la persécution éclata sur les bords du Dniester, Ulfila ne dut la vie qu'à l'hospitalité des Romains de Mésie, qui l'accueillirent avec empressement, lui et tous les confesseurs qui le suivirent dans sa fuite[46]. Cet homme simple et convaincu ne doutait donc point qu'au delà du Danube fût encore la terre promise pour ses frères et pour lui. Telle était l'autorité de sa parole, qu'elle entraîna sans peine la majorité des Goths, non pas seulement les chrétiens, mais la masse des païens qui ne nourrissaient aucun fiel contre la nouvelle religion. Athanaric, presque abandonné, alla se retrancher avec le reste des tribus dans les défilés de Caucaland.
[Note 40: ][(retour) ] Sozom., II, 6.--Philostorg., Hist. eccl., II, 5.--Basil., Epist., 16, t. III, p. 254, 255.
[Note 41: ][(retour) ] Philostorg., II, 5.--Ses ancêtres avaient habité autrefois la bourgade de Sadagoltina, près de la ville de Parnassus en Cappadoce.
[Note 42: ][(retour) ] Ordinatus fuit episcopus eorum qui in Gothia christiani erant. Philost., II, 5.--Socrat., IV, 33.