[Note 765: ][(retour) ] Solis principibus cum paucis admodum remanentibus. Procop., Bell. Goth., IV, 18.

[Note 766: ][(retour) ] Et nos, dixerunt, in Dei sententiam concedamus, bellum dirimentes. Id., ub. sup.

CHAPITRE CINQUIÈME

Rupture de la trêve entre les Gépides et les Lombards.--Kinialkh amène aux Gépides une armée de Huns coutrigours; ceux-ci s'en débarrassent en les jetant sur la Mésie.--Lettre de Justinien à Sandilkh.--Les Huns outigours grossis des Goths Tétraxites attaquent les Coutrigours.--Horrible massacre; des prisonniers romains rompent leurs fers et se sauvent en Mésie.--Kinialkh marche au secours de son pays.--Deux mille Coutrigours obtiennent des terres en Thrace.--Lettre de Sandilkh à Justinien.--Fin du duel des Gépides et des Lombards: les Lombards vainqueurs accusent Justinien do leur avoir manqué de foi.--Vieillesse de Justinien; son gouvernement décline.--Désorganisation de l'armée romaine; corruption des magistrats.--La peste et les tremblements de terre désolent l'empire.--Nouvelle guerre des Huns coutrigours, des Slaves et des Bulgares sous la conduite de Zabergan.--Trois armées envahissent la Thessalie, la Chersonèse de Thrace et le territoire de Constantinople.--Terreur des Romains; faiblesse de la milice palatine.--Le vieux Bélisaire défend Constantinople avec une poignée d'hommes.--Sa tactique prudente devant l'ennemi.--Embuscade qu'il dresse à Zabergan; les Huns sont mis en déroute.--Bélisaire vainqueur est privé de son commandement par Justinien.--Mauvais succès des deux autres armées hunniques.--Belle défense de la Chersonèse de Thrace par Germain; combat naval; mort de ce général.--Zabergan repasse le Danube.--La guerre recommence entre les Coutrigours et les Outigours; arrivée des Avars qui les pacifient en les asservissant.

548--560.

La réconciliation fut de courte durée, et bientôt Gépides et Lombards ne songèrent plus qu'à leurs préparatifs de guerre. Les Gépides devaient recevoir des Coutrigours, à un jour fixé, un secours de douze mille cavaliers d'élite, mais il y avait encore une année à passer avant l'expiration de la trêve quand le secours arriva, conduit par un chef de grand renom appelé Kinialkh[767]. Cet incident troubla fort le roi Thorisin[768]; que ferait-il de ses hôtes en attendant la guerre? Les renvoyer chez eux, ce serait les mécontenter et s'en priver peut-être pour une autre fois: en tout cas, fallait-il les payer d'avance. Les recevoir en Gépidie, les héberger, les nourrir toute une année et encourir les inconvénients inséparables d'une pareille hospitalité, c'était un autre parti presque aussi dangereux que le premier. Thorisin était en proie à ces incertitudes, quand une idée lumineuse traversa son esprit. Montrant à Kinialkh les grasses campagnes de la Mésie qui s'étendaient en amphithéâtre sur la rive droite du Danube, il lui proposa de l'y transporter avec tout son monde, qui trouverait là du butin et des vivres en abondance, ce qu'ils n'auraient pas chez les Gépides[769]. Kinialkh ébahi agréa la proposition, et les douze mille cavaliers coutrigours, après avoir franchi sans encombre le Danube et ensuite la Save, pénétrèrent au cœur de la Mésie, hors de l'atteinte des postes romains qu'ils avaient tournés[770]. Justinien, averti de ces faits, fit expédier sur-le-champ au roi Sandilkh une dépêche ainsi conçue:

[Note 767: ][(retour) ] Confestim illi armatorum miserunt duodecim millia, quibus præter alios imperabat Chinialchus, vir bellica laude clarissimus. Procop., Bell. Goth., IV, 18.--Χινίαλχος, Χινίαλος.

[Note 768: ][(retour) ] Gepædes præcipitem adventum horum barbarorum graviter ferentes, quod certaminis tempus nondum appeteret, sed annus adhuc superesset pactis induciis... Procop., ibid.

[Note 769: ][(retour) ] Persuaserunt ut, hoc interim spatio, oras incursarent ditionis imperatoriæ. Id., ub. sup.