[Note 860: ][(retour) ] Avari, Avares--Ἅβαρες, Ἅβαροι.

[Note 861: ][(retour) ] Chaganus magnus, despota septem gentium, et dominus septem mundi climatum. Theophylact., Simoc. VII, 7.

[Note 862: ][(retour) ] Perierunt ex ea gente in hoc bello trecenta millia hominum, ita ut quatuor dierum itineris spatium a corporibus peremptorum cooperiretur. Id., ibid.

Internés dans un coin de ces déserts, les Ouar-Khouni auraient pu se consoler par le spectacle d'une plus grande infortune, celui de leurs anciens maîtres, les Avars, dont les restes, traqués de toutes parts, trouvaient à peine un asile chez les peuples les plus éloignés; mais ils n'avaient point tant de philosophie, et dans leur désir de la liberté, ils ne se donnèrent ni paix ni trêve, qu'ils n'eussent trouvé les moyens de s'enfuir. Bien des années s'écoulèrent dans l'attente. Un jour enfin, profitant du moment propice, leur principale horde, qui comptait deux cent mille têtes[863], attela ses chariots et partit dans la direction du soleil couchant. Elle laissait derrière elle trois autres tribus, les Tarniakhs, les Cotzaghers et les Zabenders, qui ne voulurent ou ne purent pas la suivre[864]. La peur donna des ailes aux Ouar-Khouni. Devenus terribles dans leur fuite, ils culbutent tout ce qui s'oppose à leur passage: les Sabires sont rejetés sur les Ougours et les Hunnougours, les Saragours sur les Acatzires, et ceux-ci vont se choquer contre les Alains[865]. Chaque peuple en mouvement en déplaçait d'autres, qui se précipitaient sur leurs voisins. La comparaison d'une fourmilière en désordre rendrait à peine l'idée de ces masses d'hommes, de troupeaux, de chars errant pêle-mêle, se poussant, se croisant, se heurtant dans les plaines du Volga, du Khoubah et du Don.

[Note 863: ][(retour) ] Imperante autem Justiniano Augusto, ex istis Ouar et Chouni pars quædam in Europam profugit... Constabat autem ex ducentis virorum millibus. Theophyl., Sim., VII, 8.

[Note 864: ][(retour) ] Οἱ Ταρνιὰχ, καί Κότζαγηροὶ,... καὶ οἱ Ζαβενδὲρ ἐκ τοῦ γένους τῶν Οὐάρ καὶ Χουννί... Id., ibid.

[Note 865: ][(retour) ] Sarcelt, et Unugari et Sabiri et aliæ insuper gentes hunnicæ, cum advenas illos Avaros esse suspicarentur..... Theophyl. VII, 7.--Cf. Prisc., Exc. leg., p. 42, 43.

Ce qui rendait la frayeur plus grande, c'est que tous ces peuples croyaient avoir affaire aux Avars à cause de la similitude de ce nom avec celui des Ouars; d'ailleurs les nouveaux arrivants portaient un des signes distinctifs des races intérieures de l'Asie et en particulier de la race turke: leurs cheveux pendaient sur leurs épaules en deux longues tresses entrelacées et retenues avec des rubans, ornement étranger aux Huns, dont les cheveux étaient courts et complétement rasés sur le front. Les Ouar-Khouni avaient adopté cette mode pendant leur captivité chez les Turks. Voyant qu'on les prenait pour des Avars, ils se gardèrent bien de détruire une erreur qui leur était si favorable; ils reçurent au contraire, comme leur étant dus, les présents de beaucoup de tribus et toutes les marques de soumission que ce nom jadis redouté inspirait toujours[866]. Tandis qu'ils erraient ainsi de lieu en lieu sans savoir où se fixer, l'idée leur vint de s'adresser aux Romains, dont la richesse excitait la convoitise de tous les barbares, et à qui ils espérèrent bien arracher, comme tant d'autres, des terres et de l'argent. Leur kha-kan (c'est le titre que prit leur chef, à l'imitation des rois de l'Asie intérieure, et pour compléter la transformation des Ouar-Khouni en Avars[867]), leur kha-kan s'adressa dans cette pensée à Saros, roi des Alains, qui se piquait d'être bien vu à la cour de Constantinople, et Saros désireux d'éloigner de lui ce terrible voisinage, promit de mettre les Avars en «connaissance et amitié» avec le grand empereur des Romains[868]. Le gouverneur de la province de Lazique, au midi du Caucase, informé par ses soins, demanda les ordres de Justinien, dont il était le neveu. Justinien répondit qu'on devait laisser passer librement les ambassadeurs qui se présenteraient de la part du kha-kan des Avars, et sur cette assurance, celui-ci dépêcha à Constantinople un de ses officiers, appelé Kandikh, avec un cortége considérable.

[Note 866: ][(retour) ] Quocirca securitati consultare cupientes, donis amplissimis eos coluerunt. Ouar itaque et Khunui, ut perfugium sibi feliciter evenisse adverterunt, errorem sese honorantium non aspernati, Avares dici voluerunt. Theophyl., VII, 7.

[Note 867: ][(retour) ] Principem suum Chagana, honoris causa, nominarunt. Id., l. c.