[Note 19: ][(retour) ] Vesegothæ... occidui soli cultores... Jorn., R. Get., 24.

[Note 20: ][(retour) ] Vesegothæ familiæ Balthorum, Ostrogothæ præclaris Amalis serviebant. Id., R. Get., 3.

[Note 21: ][(retour) ] Ermanaricus, Jorn., R. Get. 7.--Ermenrichus, Amm. Marc., xxxi, 3.

[Note 22: ][(retour) ] D'après la liste que Jornandès nous donne des nations subjuguées par Ermanaric, nations dont beaucoup nous sont inconnues, on aperçoit que sa domination devait s'étendre sur presque toute la Russie méridionale, la Lithuanie, la Courlande, la Pologne et une partie de l'Allemagne. Omnibus Scythiæ et Germaniæ nationibus ac si propriis laboribus imperavit. Jorn., R. Get., 23.

Tel fut ce fameux empire d'Ermanaric qui valut à son fondateur la gloire d'être comparé au grand Alexandre, dont les Goths avaient entendu parler depuis qu'ils étaient voisins de la Grèce[23]; mais l'Alexandre de Gothie ne montra ni l'humanité ni la sage politique du roi de Macédoine, qui ménageait si bien les vaincus. Les pratiques d'Ermanaric et des conquérants ostrogoths furent toutes différentes. Un des peuples sujets de leur domination s'avisait-il de remuer, les traitements les plus cruels le rappelaient bien vite à l'obéissance. Tantôt de grandes croix étaient dressées en nombre égal à celui des membres de la tribu royale qui gouvernait ce peuple, et on les y clouait tous sans miséricorde[24]; tantôt c'étaient des chevaux fougueux que les Goths chargeaient de leur vengeance; et les femmes elles-mêmes n'échappaient pas à ces affreux supplices. Vers le temps où commence notre récit, un chef des Roxolans, nation vassale des Ostrogoths, qui habitait près du Tanaïs, ayant noué des intelligences avec les rois huns, la trame fut découverte; mais le coupable eut le temps de se sauver. La colère d'Ermanaric retomba sur la femme de cet homme. Sanielh (c'était son nom) fut liée à quatre chevaux indomptés et mise en pièces. Des frères qu'elle avait jurèrent de la venger; ils attirèrent Ermanaric dans un guet-apens et le frappèrent de leurs couteaux[25]. Le vieux roi (il avait alors cent dix ans[26]) n'était pas blessé mortellement, mais ses plaies furent lentes à guérir, et elles ne faisaient que se cicatriser lorsqu'un nouvel appel des Roxolans décida les Huns à partir. Tels sont les faits de l'histoire; mais plus tard, quand le déluge qu'ils avaient provoqué par leurs cruautés impolitiques vint à fondre sur eux, les Goths trouvèrent dans leurs préjugés superstitieux des raisons plus commodes pour justifier leur défaite. Ils racontèrent que des chasseurs huns poursuivant un jour une biche, celle-ci les avait attirés de proche en proche jusqu'au Palus-Méotide, et leur avait révélé l'existence d'un gué à travers ce marais qu'ils avaient cru aussi profond que la mer. Comme un guide attentif et intelligent, la biche partait, s'arrêtait, revenait sur ses pas pour repartir encore, jusqu'à l'instant où, ayant atteint la rive opposée, elle disparut. On devine bien qu'au dire des Goths il n'y avait là rien de réel, mais une apparition pure, une forme fantastique créée par les démons.

[Note 23: ][(retour) ] Quem merito nonnulli Alexandre magno comparavere majores. Jorn., ibid.

[Note 24: ][(retour) ] Regem eorum cum filiis suis et septuaginta primatibus in exemplo terroris, cruci adfixit, ut dedititiis metum cadavera pendentium geminarent. Jorn., R. Get., 16.

[Note 25: ][(retour) ] Dum enim quamdam mulierem Sanielli nomine ex gente memorata, pro mariti fraudulento discessu, rex furore commotus, equis forocibus illigatam, incitatisque cursibus, per diversa divelli præcepisset, fratres ejus Sarus et Ammius germanæ obitum vindicantes, Ermanarici latus ferro petierunt: quo vulnere saucius, ægram vitam corporis imbecillitate contraxit. Jorn., R. Get., 24.

[Note 26: ][(retour) ] Grandævus et plenus dierum, centesimo decimo anno vitæ suæ... Jorn., R. Get., loc. laud.

«C'est ainsi, ajoute Jornandès, Goth lui-même et collecteur un peu trop crédule des traditions de sa patrie, c'est ainsi que les esprits dont les Huns tirent leur origine les conduisirent et les poussèrent à la destruction des nations gothiques[27]