[Note 595: ][(retour) ] Factiosi statim comere cæsariem, ac novo quodam et Romanis alieno cultu recidere; nam..... sinciput capillitio ad tempora usque nudarunt, coma ad occipitium permissa, ut Massagetæ solent, nulla lege diffluere; quare et hunc habitum hunnicum appellavere. Omnes sibi curarunt vestes arte laboratas... Vestis manicæ ad volam strictissime coïbant, inde vero ad humeros, in miram amplitudinem diffundebantur. Procop., Hist. Arcan., c. 7.

[Note 596: ][(retour) ] Ad barbarorum morem habitu se comparavit. Procop., Hist. Arc., c. 14.

[Note 597: ][(retour) ] Giesmi filius qui post patris obitum, ad avunculum ex matre, Sirmii regem, accessit. Theophan., Chronogr., p. 185.--Giesmi filius, regulus Sirmii. Cedren., t. I, p. 172.

On aimerait à suivre dans l'histoire, très-confuse et très-incomplète de ce temps, les vestiges du pacifique Hernakh, sur qui Attila fondait l'espoir d'une longue postérité. La prédiction s'est-elle accomplie, et sommes-nous tenus de croire comme les Huns à l'infaillibilité de leurs chamans? Que devinrent Uzindour et Emnedzar, doublement frères[598] d'Hernakh et fidèles compagnons de sa fortune? lui restèrent-ils toujours unis? Le temps a jeté sur toutes ces destinées un voile qui ne se lèvera plus. Nous sommes un peu moins ignorants sur le compte de Gheism, qu'Attila avait eu de la sœur d'Ardaric, roi des Gépides. L'histoire nous le montre d'abord retiré en Gépidie près de son oncle, où il vit tranquillement avec son petit peuple dans la condition de vassal. Son fils Mundo ou Mundio, dont le nom rappelle Mundiuk[599], père d'Attila, lui succède dans le gouvernement de sa tribu et dans la faveur des rois gépides. Cette faveur ne se démentit point jusqu'au moment où Thraséric monta sur le trône; mais alors elle fit place à une haine déclarée. Mundo, fier et passionné, ne supporta pas longtemps les persécutions dont il était l'objet. Un jour il brisa son lien de vasselage, passa le Danube avec quelques braves compagnons, et alla chercher asile sur les terres romaines[600]. Pour vivre il se fit voleur, enlevant les troupeaux qui pâturaient dans les vallées de l'Hémus, pillant les villages et détroussant les voyageurs sur les chemins. Ce métier-là, il faut le dire, n'avait rien d'extraordinaire ni presque de honteux dans ce pays et ce temps misérables, où l'incertitude de la vie avait atteint sa dernière limite, et où le dépouillé du jour devenait malgré lui, par une conséquence fatale de sa ruine, le spoliateur du lendemain. Mundo ne se trouva donc pas seul à le pratiquer. Outre ces Goths dont j'ai parlé plus haut et qui infestaient surtout la Mésie supérieure, il y avait tout le long des Alpes Pannoniennes et Noriques des bandes organisées pour le pillage et composées de gens de toute race, provinciaux et barbares, Goths, Gépides, et Romains; c'étaient la misère, l'oisiveté et le désordre qui les recrutaient. Assez nombreuses pour former comme un petit peuple, elles portaient vulgairement la dénomination de Scamari, d'un mot illyrien qui paraît avoir signifié brigands[601]. Les Scamares, émerveillés de la hardiesse des expéditions de Mundo, lui proposèrent de se mettre à leur tête, et le brigandage prit dès lors les proportions d'une véritable guerre.

[Note 598: ][(retour) ] Emnedzar et Uzindur consanguinei ejus. Jorn., R. Get., 49.

[Note 599: ][(retour) ] Le nom du père d'Attila est écrit Mundiukh par Priscus, et Mundzuc par Jornandès.--C'est Jornandès qui nous donne pour le fils de Gheism les deux formes Mundo et Mundio.

[Note 600: ][(retour) ] Turrim quæ Herta dicitur, supra Danubii ripam positam occupans, ibique agresti ritu prædans vicinos, regem se suis grassatoribus nuncupat. Jorn., R. Get., 50.

[Note 601: ][(retour) ] Nam hic Mundo... Gæpidarum gentem fugiens ultra Danubium in incultis locis sine ullis terræ cultoribus debacchatur: plerisque abactoribus, Scamarisque et latronibus undecumque collectis... Jorn., R. Get., 50.

Un coup de main heureux les ayant rendus maîtres de la tour d'Herta, forteresse qui dominait le haut Danube, leur ambition n'eut plus de bornes; ils élevèrent Mundo sur le pavois et le proclamèrent roi des Scamares[602]. Toute la contrée s'émut à cet excès d'impudence. L'empire romain et le royaume des Gépides, également intéressés à la répression des désordres, envoyèrent des troupes chacun de leur côté: les Gépides, plus voisins, arrivèrent les premiers, et mirent le siége devant Herta. Serré de près par les armes et bientôt par la famine, Mundo désespérait presque de lui-même et songeait à se rendre[603], quand un incident le sauva. Les Ostrogoths étaient alors en querelle avec les Gépides pour la possession de leurs anciens cantonnements du Danube, qu'ils avaient laissés vacants lors de leur départ pour l'Italie, et dont ceux-ci s'étaient emparés. Après avoir réclamé vainement ce qu'il appelait le patrimoine des Goths, Théodoric venait d'envoyer sur la Save une armée chargée de rejeter les usurpateurs au delà du Danube. Informé de cette circonstance, Mundo en tire un parti merveilleux; il se déclare le vassal de Théodoric et se place sous la protection des Goths, qui, trouvant un grand intérêt à la coopération des Scamares, dégagent Herta, et mettent Mundo en liberté[604]. Le fils d'Attila prend aussitôt le chemin des Alpes, et va prêter son serment de vasselage entre les mains de Théodoric.

[Note 602: ][(retour) ] Ce même mot de Scamar se trouve dans la Vie de saint Séverin (Cap. 7.) pour designer les mêmes bandes de brigands qui infestaient le Norique: «Latrones quos vulgus Scamaros appellabat.»