[Note 603: ][(retour) ] Hunc ergo pœne desperatum, etiam de traditione sua deliberantem... Jorn., R. Get., 50.

[Note 604: ][(retour) ] Petza subveniens e manibus Sabiniani eripuit, suoque regi Theodorico cum gratiarum actione fecit subjectum. Jorn., R. Get., ibid.

Le roi d'Italie l'attacha à sa personne, et Mundo servit brillamment sous ce grand capitaine; mais Théodoric étant mort et le royaume des Ostrogoths devant passer aux mains de sa fille Amalasunthe, Mundo dédaigna de porter les armes sous une femme. C'était le temps où Justinien, à peine monté sur le trône impérial, attirait déjà les regards du monde entier, qui semblait entrevoir son génie. Curieux de le connaître et de tenter fortune près de lui, Mundo se rendit à Constantinople avec une troupe d'Hérules qui demandèrent à le suivre[605]. Un fils d'Attila vassal et déserteur des Goths, un roi des Scamares dont les aventures couraient toutes les bouches ne pouvait manquer de réussir à la cour de Justinien, rendez-vous de tant d'aventuriers. Il plut à cet empereur, qui lui donna du service, et entra en relation avec Bélisaire, déjà plein de gloire et pourtant disgracié. Mundo se trouvait à Constantinople en 532, lorsque éclata cette fameuse insurrection du cirque qui faillit emporter Justinien et bouleverser l'empire[606]. Les séditieux, munis d'armes pillées dans les arsenaux, étaient maîtres de la ville; les troupes chancelaient, et déjà la populace, retranchée derrière les murs du cirque comme dans une forteresse, proclamait un autre empereur. Tout semblait perdu, et Justinien, s'abandonnant lui-même, parlait de quitter la ville, quand Bélisaire, sorti de sa retraite, se chargea d'étouffer la rébellion. Il lui fallait des hommes déterminés, il prit Mundo, qu'en sa qualité de Hun il mit probablement à la tête des escadrons de cavalerie restés fidèles. Sa confiance ne fut point trompée. Tandis que lui-même forçait avec ses cohortes d'infanterie la porte du cirque la plus voisine du palais, le petit-fils d'Attila, suivi de sa troupe, s'élançait par la porte opposée, l'épée en avant, au grand galop de son cheval: on sait le reste. Justinien paya ce service du poste de commandant général de l'Illyrie. Rien ne se passait dans la vie de Mundo comme dans celle du vulgaire des hommes. En se rendant à son poste, il rencontre une armée bulgare qui venait de franchir le Danube et marchait vers la Thrace; cette armée ne le fait pas reculer. Avec une poignée d'hommes qui composaient son escorte, il la traverse d'un bout à l'autre en se battant, et arrive sain et sauf dans sa résidence[607].

[Note 605: ][(retour) ] Theoderico fatis functo... ab imperatore Justiniano imperii subditum se haberi postulavit. Quin etiam Constantinopolim accessit, quem imperator maximis muneribus donatum... Theophan., Chronogr., p. 135.--Quem imperator humanissime tractatum Illyricum præfectum dimisit. Cedren. t. I, p. 372.--Anast., p. 63.

[Note 606: ][(retour) ] C'est l'insurrection appelée par les contemporains Nicâ: sois vainqueur, parce que les insurgés avaient pris ce mot pour signal de leur révolte. Voir Procop. Bell. Pers., I, 24, 25.--Chron. Pasch., p. 336-340.--Theophan., Chronogr., p. 154-158.--Cedren., t. I, p. 369.--Jorn., Temp. Succ., etc.

[Note 607: ][(retour) ] Theophan., p. 185.--Anast., p. 63.--Cedren., t. I, p. 372.

Parvenu à une si haute fortune, le descendant d'Attila voulut être complétement Romain. Il enrichit son nom asiatique d'une terminaison latine sonore, qui en fit Mundus, c'est-à-dire le monde, nom passablement ambitieux, et son fils, baptisé selon toute apparence, reçut celui de Maurice[608]. Le nouveau Romain commanda ces provinces, toutes pleines des ruines que son aïeul avait faites, et les commanda bravement. Quand la guerre eut éclaté en Italie entre Justinien et les Goths, Bélisaire le réclama pour un de ses lieutenants. En face des Ostrogoths dont il avait été le vassal, Mundus se fit reconnaître par son audace; il battit une de leurs armées, dégagea la Dalmatie, et enleva la place de Salone, tout cela en quelques semaines; mais là fut le terme de ses aventures. Pour couronner dignement sa vie, il ne lui manquait plus qu'une mort romanesque, et le sort ne la lui refusa pas. Après la perte de Salone, les Goths n'avaient pas tardé à revenir en force pour reconquérir une position si importante, et le bruit courait qu'ils approchaient, quand Mundo envoya son fils Maurice avec quelques troupes pour les observer. Ce jeune homme, qui sentait dans ses veines les ardeurs de sa race, ne s'en tint pas aux ordres du général: il osa attaquer l'ennemi, et fit une percée dans ses rangs; mais enveloppé bientôt par des forces supérieures, il périt avec tous les siens[609]. Mundo, à cette nouvelle, devint comme fou: rassembler tout ce qu'il avait de soldats sous la main et courir où son fils avait péri, fut pour lui l'affaire d'un moment. Il arrive, se précipite sur les plus épais bataillons, y jette le trouble, leur fait rebrousser chemin; et déjà la victoire des Romains n'était plus douteuse quand un Goth, qui traversait le champ de bataille en fuyant, reconnaît le Hun, s'arrête et lui plonge son épée dans la cœur[610].

[Note 608: ][(retour) ] Mundus, Μοῦνδος; Μαυρίκιος ὁ Μούνδου υἱός. Procop., Bell. Goth., I, 7.

[Note 609: ][(retour) ] Romani fere omnes cum duce Mauricio ceciderunt. Procop., De Bell. Goth., I, 7.

[Note 610: ][(retour) ] Mundus cæde furens, ac temere insequens, nec valens commotum filii casu animum cohibere, a quodam fugientium vulneratus, occubuit. Procop., Bell. Goth., ibid.