[Note 669: ][(retour) ] Adest tempus cœlitus dispositum. Chartuic. Vit. S. Stephan. reg. 3.
[Note 670: ][(retour) ] Apparuit ei beatus proto-martyr Stephanus, levitico habitu ornatus, in visionibus... Certa esto quia filium paries, cui primogenito corona debetur et regnum: meum quoque nomen illi impones. Chartuic., Chron. hungar., 4.--Id. Vit. S. Stephan., 4.--Quis es, Domine, et quo nomine nuncuparis? Id., ibid.
[Note 671: ][(retour) ] Stephanus quippe græce, coronatus sonat latine. Ipsum quippe in hoc sæculo Deus voluit ad regni potentiam, et in futuro corona beatitudinis semper manentis redimere. Id. Vit. S. Stephan., 5.
Saint Adalbert reçoit Étienne des mains de sa mère pour le diriger et l'instruire. Il façonne au christianisme, il nourrit de sentiments charitables et justes l'adolescent, en qui éclatent déjà l'audace et l'inflexibilité maternelles. A quinze ans, quand il perd son père, Étienne est un homme avec qui les plus turbulents doivent compter. Enhardis par sa jeunesse, les magnats se révoltent, veulent enlever sa mère et le tuer, tandis que les prêtres païens entonnent la chanson des anciens dieux: «Rasons les églises, étranglons les moines et brisons les cloches.» Étienne fait face à tout; il abat les nobles, il disperse les païens, intimide l'ennemi du dehors, qui envenimait les querelles du dedans pour en profiter, et sauve le christianisme d'une ruine presque assurée. A dix-neuf ans, toutes les bouches le proclamaient l'apôtre armé de la Hongrie[672].
[Note 672: ][(retour) ] Vit. major. et minor. S. Stephan., in Monument. Arpadian.--Chartuic., Vit. S. Steph.--Chron. hungar.
Cependant un événement considérable allait s'accomplir sur la frontière même du pays des Magyars, et donner aux Polonais une sorte de suprématie chrétienne parmi les barbares du nord de l'Europe. Cet événement, c'était l'élévation du duc Miesco à la royauté qu'il ambitionnait si ardemment et depuis tant d'années[673]. Le siége de saint Pierre était alors occupé par un des plus savants hommes qui s'y soient assis, le Français Gerbert, autrement dit, Sylvestre II, à qui sa grande perspicacité, ses vastes études et son penchant pour les sciences occultes valurent au moyen âge un certain renom de sorcellerie. Tout sorcier qu'il était ou qu'on le croyait, Gerbert se laissa abuser sur le caractère personnel de Miesco et sur la réalité des conversions que le néophyte prétendait avoir provoquées et obtenues parmi ses sujets. Dans son erreur, il promit au duc tout ce que le duc lui demandait, bénédiction apostolique, titre royal et diadème, et il fit fabriquer à son intention une couronne digne par sa richesse et sa beauté de la munificence du chef de l'église. Déjà même il avait fixé le jour où il recevrait l'envoyé de Miesco, Lambertus, évêque de Cracovie, à qui il voulait remettre de sa main le bref apostolique et le diadème: encore quelques semaines, et le duc des Polonais sera le premier roi chrétien des races du Nord.
[Note 673: ][(retour) ] Meschco (Misca, Vit. S. Stephan., 9) Polonorum dux, christianam roborare cum suis amplexatus fidem... apostolica fulciri benedictione ac regio postulaverat diademate coronari. Chartuic., Chron. hungar. 5.
Dieu se souvint alors que cinq siècles et demi auparavant la sainte cité de Rome avait été menacée d'une grande profanation, lorsque Attila s'avançait avec toutes ses forces pour l'anéantir. Il se souvint aussi qu'il avait envoyé un ange pour arrêter le barbare dans sa marche, et que l'ange avait promis au nom du Christ «qu'un jour viendrait où la génération du roi des Huns obtiendrait, dans ces mêmes murs de Rome et de la main du successeur des apôtres, une couronne qui n'aurait point de fin.» Le Seigneur comprit que le moment de remplir sa promesse était venu[674]. Aussitôt il inspire au duc Étienne l'idée de réclamer pour lui-même du souverain pontife la bénédiction apostolique et le titre royal, en récompense de ses mérites et des fruits de son apostolat. Étienne convoque donc à une diète générale les évêques, les magnats et le peuple du duché de Hongrie; il leur expose ses travaux, il leur confie son désir, et tous décident qu'il faut députer à Rome Astricus, évêque de Strigonie, pour mettre aux pieds du saint-père la demande d'Étienne et le vœu du peuple hongrois. Astricus part, et les deux ambassades cheminent sur la même route sans le savoir: une seule journée de marche les sépare; mais par la volonté de Dieu, Lambertus s'est attardé, et Astricus a pris les devants. Tous deux ignorent qu'ils se rendent au même lieu, pour le même objet; leurs peuples l'ignorent aussi, et le pape Sylvestre ne sait rien, sinon que l'envoyé polonais doit se présenter devant lui au jour convenu, dès les premiers rayons du soleil. Parée d'ornements inaccoutumés, la salle du palais pontifical est disposée pour l'audience; la couronne destinée à Miesco est là: les orfévres l'ont fabriquée de l'or le plus pur, incrustée des pierres les plus éclatantes[675]. Jamais l'art n'a rien produit de si beau, et jamais aussi la bénédiction du vicaire de Jésus-Christ n'a doté un objet matériel de plus de grâces et de promissions pour ce monde et pour l'autre.
[Note 674: ][(retour) ] Quia novit Dominus qui sibi sint in futurum dilecti, idcirco præscius sanctum electum suum Stephanum, temporali statuerat feliciter insignire corona, postmodum felicius eum decoraturus æterna, sicut avo ejus Attilæ per Angelum sanctum suum promiserat. Chartuic., Chron. hung., 5.
[Note 675: ][(retour) ] Coronam egregii operis operari (Papa) jam fecerat. Chartuic. Chron. hungar., 5.--Miro opere præparata. Id., 6.--Auro et lapidibus pretiosis fabricata. Id., ibid.