[Note 85: ][(retour) ] Theophan., Chronogr., p. 248.--Cedren., t. I, p. 406.--Niceph. Call., p. 44.

[Note 86: ][(retour) ] Theophan., Chronogr., p. 251.--Cedren., t. I, p. 408.--Hotting., Hist. Orient., t. I, p. 3.

Il essaya de le faire, et tout lui manqua à la fois. La guerre lui réussit mal avec des soldats indisciplinés et lâches; quand il parla de paix, Chosroès, avant toute négociation, lui proposa de renier Jésus-Christ et d'adorer le dieu Soleil[87]. Ses efforts pour apaiser les Juifs par des traitements meilleurs et des promesses tournèrent contre lui: les Juifs n'en devinrent que plus insolents et plus hardis dans leurs menées, pensant qu'il avait peur. Le mauvais succès de toutes ces tentatives porta le découragement dans le cœur des Romains; les provinces asiatiques cessèrent de résister à une destinée qui semblait irrévocable, tandis que les provinces européennes, que rien de pareil ne menaçait, détournaient les yeux et s'endormaient dans un égoïsme cruel. L'empire romain glissait avec rapidité vers sa ruine, lorsqu'une secousse heureuse l'arrêta sur la pente et lui rendit l'énergie qu'il ne possédait plus: ce fut la religion qui opéra ce miracle.

[Note 87: ][(retour) ] Vobis minime parcam, donec crucifixum, quem vos prædicatis Deum, solem adoraturi, abnegaveritis. Theophan., Chronogr., p. 253.

L'année 615 avait été marquée par les Perses et les Juifs pour être la dernière des chrétiens sur toute la surface de la Palestine. En effet, vers la fin du mois de mai, une armée formidable, que commandait Roumizan, surnommé Schaharbarz, c'est-à-dire le sanglier royal, général habile, mais cruel, et l'allié du roi Chosroès[88], vint fondre sur la Galilée et parcourut les deux rives du Jourdain, depuis sa source jusqu'à son embouchure, en n'y laissant que des ruines. Une nombreuse population chrétienne se pressait dans ces lieux sanctifiés par la prédication de l'Évangile. Le Sanglier royal la traita comme les généraux de Salmanazar et de Nabuchodonosor traitaient jadis le peuple d'Israël. Après le sac et l'incendie des maisons, les habitants, enchaînés les uns aux autres, étaient traînés en esclavage pour aller coloniser sous le fouet des Perses les marécages de l'Euphrate ou du Tigre. Des marchands juifs, munis de bourses pleines d'or, marchaient en troupe derrière l'armée, rachetant le plus qu'ils pouvaient de captifs chrétiens, non pour les sauver, mais pour les égorger eux-mêmes, et leur préférence s'adressait aux personnages d'importance, aux magistrats des villes, à des femmes belles et riches, à des religieuses, à des prêtres[89]. L'argent qu'ils payaient aux soldats persans pour avoir des chrétiens à mutiler provenait de cotisations auxquelles tous les Juifs s'étaient imposés, chacun en proportion de sa fortune[90], dans l'intention de cette œuvre abominable qu'ils croyaient méritoire devant Dieu. L'histoire affirme qu'il périt ainsi quatre-vingt-dix mille chrétiens sous le couteau de ces fanatiques[91]. Non moins féroces que les Juifs, les mages de l'armée de Schaharbarz leur prêtaient la main et poussaient à l'extermination de ceux qu'ils appelaient dans leurs blasphèmes les adorateurs du bois. Si grandes que fussent pour les chrétiens ces tribulations, Dieu leur en réservait de plus amères: Jérusalem prise, le saint sépulcre brûlé, les églises livrées au pillage et aux profanations, les reliques de la passion dispersées. Schaharbarz força l'église de la Résurrection, bâtie par l'empereur Constantin sur le Calvaire, où l'on conservait, comme le plus précieux de tous les trésors, la croix qui avait servi au supplice du Christ[92].

[Note 88: ][(retour) ] Les historiens grecs l'appellent communément Romizanes et Sarbar, Σάρβαρος. On trouve aussi Rasmizas, Sarbarazas et Sarbanazas. Les Arméniens donnent à ce personnage le nom de Khorem-Razman-Schaharbarz. V. Saint-Martin, Éd. Lebeau. Hist. Bas-Emp., t. XI, p. 14. Note 1.

[Note 89: ][(retour) ] Judæi quidem ementes Christianos, occidebant eos... Theophan., Chronogr., p. 252.--Clericis, monachis, sacris virginibus occisis. Chron. Pasch.

[Note 90: ][(retour) ] Pro suis quisque facultatibus... Theophan., Chronogr., p. 252.

[Note 91: ][(retour) ] Ad nonaginta videlicet millia trucidarunt. Id., ibid.

[Note 92: ][(retour) ] Capto Hierosolymo..., pretioso etiam et vivifico crucis ligno locis illis erepto... Theophan., l. c.--Una cum sacris vasis quorum innumerus fuit numerus. Chron. Pasch.