[Note 184: ][(retour) ] Minime, ait, tua sunt in me convicia, sed Chagani. Ibid.
[Note 185: ][(retour) ] Tum Chaganus: Si velim, inquut, ii mihi subsidio venient, amici enim mei sunt. V. ub. sup.
[Note 186: ][(retour) ] Si de pace nobiscum nolis agere, nos dimitte. Loc. laud.
Pendant la nuit qui suivit cette bizarre conférence, des trirèmes romaines, postées pour épier le retour des ambassadeurs perses au camp de Schaharbarz, surprirent la nacelle qui les portait. Leur sort ne fut pas longtemps incertain. Un d'entre eux eut la tête tranchée; on coupa les poings à un autre, et après lui avoir pendu au cou ses propres mains et la tête de son collègue, on le renvoya au kha-kan. Quant au troisième, amené sur une galère en vue du camp des Perses, il y fut décapité, et sa tête fut lancée à terre par une baliste avec un écriteau où on lisait: «Le kha-kan a fait la paix avec nous et nous a livré vos ambassadeurs; en voici un que nous vous restituons, ne soyez pas inquiets des deux autres[187].» Malgré cet avertissement, qui lui faisait connaître que la mer était gardée, le kha-kan, pressé d'en finir, fit mettre ses barques à flot le dimanche matin pour procéder au transport des auxiliaires perses. Il comptait que le vent, qui s'était levé du nord et soufflait contre Constantinople, empêcherait la flotte romaine de le gêner; il croyait aussi n'être pas aperçu, attendu qu'il avait choisi pour son embarquement une petite baie éloignée de la ville de deux lieues, et qui s'appelait la baie de Chelæ[188]. Il avait profité de la nuit pour y faire transporter par terre une partie de ses canots à bras d'hommes ou à dos de mulets, de sorte qu'il espérait aller et revenir avant que les Romains eussent découvert son dessein: lui-même voulait présider à l'opération du passage et montait un des premiers canots; mais rien n'échappait à la vigilance du patrice Bonus.
[Note 187: ][(retour) ] Chaganus, initis nobiscum fœderibus, vestros ad eum missos legatos ad nos transmisit; alterius ecce habetur caput. Chron. Pasch., p. 396.
[Note 188: ][(retour) ] Abominandus Chaganus ad Chelas abiit, et trabarias in mare demisit. Ibid.
A peine les rameurs slaves commencèrent-ils à prendre le large, que la flotte romaine accourut malgré le vent contraire et s'interposa entre la rive occidentale du Bosphore et les canots barbares[189]. Tous ceux qui se trouvaient déjà un peu loin en mer furent culbutés; les autres rétrogradèrent prudemment, et celui qui portait le kha-kan fut du nombre. Humilié, irrité, ne rêvant que vengeance, le chef avar retourna devant la ville, tandis que les mariniers slaves retiraient leurs nacelles sur le sable. Les assiégés, l'ayant aperçu qui passait à cheval près de leurs murs, donnant des ordres pour activer les travaux du siége, lui envoyèrent par bravade un cadeau de vin et de gibier[190]. Sur quoi un barbare nommé Ermitzis[191], le second en dignité après lui, s'approcha d'une des portes et cria d'une voix haute aux assiégés: «Romains, vous avez commis une action abominable en tuant trois hommes qui avaient soupé hier avec le kha-kan, et lui envoyant la tête d'un de ses convives avec un autre tout mutilé; aussi le kha-kan est-il très-irrité contre vous[192].--Tant mieux! répondirent les assiégés; nous nous soucions fort peu de ce qu'il en pense[193].»
[Note 189: ][(retour) ] Quidam ex nobis solverunt naves cum scaphis versus Chelas, vento licet contrario, quo trabarias a trajectu in ulteriorem ripam prohiberent. Chron. Pasch., p. 396.
[Note 190: ][(retour) ] Chaganus ad urbis muros reversus est... cui ex urbe esculenta quædam et vina missa sunt. Loc. cit.
[Note 191: ][(retour) ] Ermitzis Avarum exarchus... Ub. sup.