[Note 233: ][(retour) ] Cubratus, Curatus, Crobatus.
[Note 234: ][(retour) ] Inter Avares cognomento Hunnos, et eos qui Bulgari dicuntur magna surrexit contentio, cui deberetur regni successio; utrum ex Bulgaris orto, an ex Avarum semine procreato... Aimon. Gest. Franc., iv, 24.
Plutôt que de se résigner au joug, dix mille de ceux de Pannonie préférèrent s'expatrier et cherchèrent un asile chez les Franks-Austrasiens[235]. C'était une bien faible troupe qu'un aussi grand royaume que l'Austrasie n'eût pas dû craindre, composée qu'elle était en majeure partie d'enfants, de femmes et de vieillards; toutefois les Bulgares avaient si mauvais renom, on se souciait si peu de pareils hôtes ou de pareils voisins, que Dagobert, avant de les admettre, voulut consulter ses leudes, et envoya les émigrants hiverner en Bavière, où on leur fournit des maisons et des vivres[236]. Le conseil des leudes ayant décidé qu'on devait se défaire au plus tôt de ces étrangers dangereux, Dagobert expédia l'ordre secret de les égorger tous dans la même nuit[237]. Il n'en échappa que sept cents, qui se réfugièrent chez les Vendes de Carinthie. Kouvrat fit retomber avec raison la responsabilité de ce désastre sur les Avars et sur leur tyrannie, et pour commencer à se venger d'eux, il envoya une ambassade à Constantinople, sollicitant l'amitié de l'empereur. Héraclius répondit à ces ouvertures par l'envoi d'une autre ambassade chargée de remettre au roi bulgare le titre de patrice, qui le constituait officier romain, et l'empire avar se trouva limité à l'est par la puissance de Kouvrat, comme il l'était an sud-ouest par celle de Samo.
[Note 235: ][(retour) ] Dagobertum expetunt regem Francorum, poscentes vacantem tellurem sibi concedi. Id., loc. cit.
[Note 236: ][(retour) ] Cum amicis deliberat quid de eis agendum sit. Aimon. Gest. Franc., iv, 24.
[Note 237: ][(retour) ] Sapienti consilio Francorum rex Bajuvariis jubet ut Bulgares illos cum uxoribus et liberis, unusquisque unumquemque in domo sua in una nocte interficeret. Gest. Dagobert., 28.
Ce n'était encore là qu'un préliminaire aux plans politiques d'Héraclius. L'empereur entra en pourparlers avec une confédération de Vendes et de Slovènes qui habitait, sur le revers septentrional des Carpathes, les bords de l'Oder supérieur et de la Vistule, la confédération des Khorwates, Khrobates ou Croates, dont le nom signifiait montagnards[238], et lui offrit, si elle voulait émigrer au midi du Danube, une portion des terres que les Avars y avaient usurpées. Une des plus puissantes tribus de cette confédération se laissa séduire, et partit sous la conduite de cinq frères, Cloucas, Lobel, Cosentzès, Mouclo et Chrobate, et de leurs deux sœurs, Touga et Bouga: Héraclius les lança sur la Dalmatie[239]. Les Avars, maîtres de cette belle province depuis soixante ans, en avaient fait presque un désert, et Salone, si célèbre jadis par sa splendeur, s'était transformée sous leurs mains en un monceau de débris. En concédant la Dalmatie aux Croates, l'empereur leur donnait une conquête à faire, et ils n'en vinrent pas à bout sans beaucoup de peine et de temps. Quelques restes de la nation avare réussirent même à se maintenir çà et là dans le pays[240].
[Note 238: ][(retour) ] Χρωϐάτοι. Chrobates, Chrebet, Cherwati, Horwath.
[Note 239: ][(retour) ] Una generatio, nempe quinque fratres, Clucas, Lobelus, Cosentzes, Muchlo, Chrobatus, duæque sorores Tuga et Buga una cum suis populis, in Dalmatiam venit. Constant. Porphyr. De Admin. Imp., c. 30.
[Note 240: ][(retour) ] Bello per annos aliquot inter eos gesto vicerunt Chrobati, Avarumque alios quidem interfecerunt, alios vero parere sibi coegerunt, atque ex illo tempore a Chrobatis possessa hæc regio fuit, suntque etiam nunc in Chrobatia Avarum reliquiæ, et Avares esse cognoscuntur. Id. ibid.