Note 602: Ήβουλήθησαν καί τοΰ Πτολεμαίου διαρπάσαι τά χρήματα…
Schol. Callim. hymn. in Delum. V. 173.—Κατασχεϊν Αϊγυπτον.
Pausan. in Attic. p. 12.
Note 603: Athenæ. l. II, c. 17.
Qu'on ne s'imagine pas cependant que ces coups hardis de quelques milliers d'hommes, au sein de populations innombrables, fussent en réalité aussi prodigieux qu'ils nous le paraissent aujourd'hui. Sous le gouvernement des successeurs d'Alexandre, les peuples asiatiques s'y étaient en quelque sorte habitués. Les gardes macédoniennes entretenues long-temps par les Ptolémées, les Séleucus, les Antigones, les Eumènes, n'avaient guère été plus fidèles au prince qui les soudoyait, ni moins funestes au pays. Les Gaulois profitèrent des traditions déjà établies, avec d'autant moins de scrupule que, s'ils n'étaient pas les compatriotes des sujets, ils n'étaient pas non plus ceux des rois.
ANNEE 243 avant J.-C.
De toutes ces révoltes, la plus fameuse fut celle qui éclata dans le camp du petit fils d'Antiochus-Sauveur, Antiochus surnommé l'Épervier[604], à cause de sa rapacité et de son ambition sans mesure. Antiochus disputait à Séleucus, son frère aîné, le royaume de Syrie, et il avait enrôlé dans ses troupes une forte bande des Gaulois Tolistoboïes. Les deux frères en vinrent aux mains, près du Taurus, dans une bataille terrible où Séleucus fut défait, où l'on crut même qu'il avait péri. Ce bruit fut démenti plus tard; mais il inspira aux Tolistoboïes l'idée de tuer Antiochus et d'envahir la Syrie; ils espéraient sinon la subjuguer, du moins la ravager plus librement, à la faveur du trouble que ferait naître l'extinction subite et entière de la dynastie des Séleucides[605]. Ils s'emparèrent donc d'Antiochus, qui ne parvint à conserver sa vie qu'en leur abandonnant son trésor. «Il se racheta, dit un historien, comme un voyageur se rachète des mains des brigands, à prix d'or[606].» Il fit plus; n'osant pas les renvoyer, il contracta avec eux un nouvel engagement[607]. Tel était, devant quelques bandes gauloises, l'abaissement de ces monarques qui faisaient trembler tant de millions d'ames!
Note 604: Antiochus Hierax.
Note 605: Galli arbitrantes Seleucum in prælio occidisse, in ipsum
Antiochum arma vertêre, liberiùs depopulaturi Asiam, si omnem stirpem
regiam extinxissent. Justin. l. XXVII, c. 2.
Note 606: Velut à prædonibus, auro se redemit.
Justin. l. XXVII, c. 2.
Note 607: Societatem cum mercenariis suis jungit. Idem, ibid.
Mais, tandis que cette rébellion occupait tous les esprits dans le camp d'Antiochus, un ennemi commun des Syriens et des Gaulois vint fondre sur eux à l'improviste: c'était Eumène, chef du petit état de Pergame. Comme souverain d'un territoire situé dans l'Éolide, Eumène payait tribut aux Tolistoboïes; et son plus ardent désir était de secouer cette sujétion humiliante; il ne souhaitait pas moins vivement de se venger des Séleucides, qui faisaient revivre de vieilles prétentions sur l'état de Pergame. La querelle d'Antiochus et de Séleucus, ainsi que l'éloignement d'une partie de la horde tolistoboïe, favorisaient ses plans secrets; il avait rassemblé une armée en toute hâte; et, s'approchant du théâtre de la guerre, il attendait l'issue de la bataille pour tomber inopinément sur le vainqueur quel qu'il fût. Il arriva dans le moment où le camp syrien, encore troublé des scènes de révolte, n'était rien moins que préparé à soutenir l'attaque: au premier choc, les Gaulois, les Syriens et Antiochus prirent la fuite chacun de leur côté[608]. Cette victoire exalta la confiance d'Eumène, qui travailla dès lors à réunir dans une ligue commune contre les Gaulois, toutes les cités de la Troade, de l'Éolide et de l'Ionie. La mort le surprit au milieu de ces patriotiques travaux, dont il légua l'accomplissement à Attale, son cousin et son successeur.