Note 655: Διό καί σαφώς έπεγνωκότες Ρ΄ωμαίοι τήν άσέβειαν αστών, άμα τψ διαλύσασθαι τόν πρός Καρχηδονίους πόλεμον, ούδέν ποιήσαντο προυργιαίτερον, τοϋ παροπλίσαντας αύτούς έμβαλεϊν εἰς πλοϊα, καί τής Ίταλίας πάσης έξορίστους καταστήσαι. Polyb. l. II, p. 95.
Note 656: Polyb. l. II, ub. supr.
ANNEE 220 avant J.-C.
Cependant Amilcar Barcas, vainqueur d'Autarite et des Gaulois révoltés, était passé d'Afrique en Espagne pour y combattre encore d'autres Gaulois. La peuplade gallique des Celtici, établie, comme nous l'avons dit plus haut[657], dans l'angle sud-ouest de la presqu'île ibérique, entre la Guadiana et le grand Océan, pendant tout le cours de la guerre punique, n'avait cessé de harceler les colonies carthaginoises voisines. Amilcar fut envoyé pour la châtier, et conquérir à sa république la partie occidentale de l'Espagne, qui était encore indépendante ou mal soumise. A la tête des Celtici, combattaient deux frères d'une grande intrépidité, et dont l'un, nommé Istolat ou Istolatius, avait étonné plus d'une fois les Carthaginois par son audace; mais, contre un ennemi tel qu'Amilcar, le courage seul ne suffisait pas. Istolat et son frère furent tués dans la première bataille qu'ils livrèrent; de toute leur armée, il ne se sauva que trois mille hommes, qui mirent bas les armes, et consentirent à se laisser incorporer parmi les mercenaires d'Amilcar[658].
Note 657: Chap. I, p. 7.
Note 658: Diodor. Sicul. l. XXV, eccl. 2, p. 882.
Indortès, parent des deux frères, et leur successeur au commandement des Celtici, entreprit de venger leur défaite. Il mit sur pied une armée de plus de cinquante mille hommes; mais il fut complètement battu. Pour s'attacher ce peuple brave, et l'attirer dans les intérêts de sa république, Amilcar accorda la liberté à dix mille prisonniers que la victoire fit tomber en son pouvoir. Il se montra moins généreux à l'égard d'Indortès; car, après lui avoir fait arracher les yeux, et l'avoir fait déchirer de verges, à la vue de son armée, il le condamna au supplice de la croix. Amilcar subjugua pareillement la plupart des autres peuplades galliques ou gallo-ibériennes, qui occupaient la côte occidentale de l'Espagne; il trouva la mort dans ces conquêtes[659]. Son gendre Asdrubal, qui le remplaça, périt assassiné par un Gaulois, esclave d'un chef lusitanien qu'Asdrubal avait mis à mort par trahison. L'esclave gaulois s'attacha pendant plusieurs années aux pas du Carthaginois, épiant l'occasion de le tuer; il le poignarda enfin au pied des autels, dans le temps qu'il offrait un sacrifice pour le succès de ses entreprises. Le meurtrier fut saisi et appliqué à la torture; mais, au milieu des plus grands tourmens, insensible à la douleur, et heureux d'avoir vengé un homme qu'il aimait, il expira en insultant aux Africains[660].
Note 659: Polyb. l. II.—Diodor Sicul. l. XXV, p. 882-883.—Cornel.
Nepos in Hamilcare.
Note 660: Appian. Alex. Bell. Iberic.