Note 672: Tit. Liv. Epitom. l. XX.—Flor. l. II, c. 3.
—Paul. Oros. l. IV, c. 12.—Zonar. l. VIII.

Note 673: Πρός τούς κατά τάς Άλπεις καί τόν Ρ΄οδανόν ποταμόν
κατοικοΰντας… Γαισάτας. Polyb. l. II, p. 109.

Note 674: Gaisde, en langue gallique, signifie encore aujourd'hui,
armé. Armstrong's dict.

Les Gaulois d'Italie, dans le cours de trois siècles, avaient adopté successivement une partie de l'armure italienne, et perfectionné leurs armes nationales; mais, sur ce point, comme sur tout le reste, leurs voisins des vallées des Alpes n'avaient rien changé aux usages antiques de leurs pères. A l'exception du long sabre de cuivre ou de fer, sans pointe, et à un seul tranchant, le montagnard allobroge ou helvétien ne connaissait pas d'autre arme que le vieux gais gallique, dont il se servait d'ailleurs avec une grande habileté; cette circonstance avait fait donner, par les Cisalpins, aux bandes qu'ils tiraient des montagnes, le nom de gaisda, c'est-à-dire, armées du gais. Plus tard, par extension et par abus, ce mot s'employa pour désigner une troupe soldée, d'au-delà des Alpes, quelles que fussent sa tribu et son armure. C'était l'acception qu'il portait du temps de Polybe, et Gésate ne signifiait plus dès lors qu'un soldat stipendiaire[675].

Note 675: Polyb. l. II, p. 109.—Quod nomen non gentis, sed mercenariorum Gallorum est. Paul Oros. l. IV, c. 12.—La ressemblance du mot Gæsatæ avec le mot grec ou plutôt persan, Gaza, qui veut dire trésor, richesses, donna lieu chez les Grecs à une étymologie absurde; ils transformèrent Gæsatæ en Gazitæ et Gazetæ, qu'ils traduisaient par Chrysophoroi, qui porte ou emporte l'or, stipendiés, mercenaires. V. Étienne de Byzance et Polybe lui-même répété par Plutarque.

ANNEES 231 à 228 avant J.-C.

Nous ignorons auxquelles des tribus, armées du gais, les députés cisalpins s'adressèrent; mais rien ne fut épargné pour aiguillonner des hommes sauvages et belliqueux. Deux chefs ou rois, Concolitan[676] et Anéroëste, reçurent des présens considérables en argent, et de grandes promesses pour l'avenir. Les ambassadeurs étaient chargés de rappeler aux Gésates, que jadis une bande descendue de leurs montagnes avait assisté les Sénons au sac et à l'incendie de Rome, et occupé sept mois entiers cette ville fameuse, jusqu'à ce que les Romains offrissent de la racheter à prix d'or; qu'alors les Gaulois l'avaient rendue, mais bénévolement, de leur plein gré, et étaient rentrés dans leurs foyers, sans obstacle, joyeusement, et chargés de butin[677]. «L'expédition qu'ils venaient proposer serait, ajoutaient-ils, bien plus facile et bien plus lucrative; plus facile, puisque la presque totalité des Cisalpins s'armait en masse pour y prendre part; plus lucrative, parce que Rome, depuis ses anciens désastres, avait amassé des richesses prodigieuses.» L'éloquence des ambassadeurs eut tout succès; Anéroëste et Concolitan se mirent en marche; et «jamais, dit Polybe, armée plus belle et plus formidable n'avait encore franchi les Alpes[678].»

Note 676: Ceann-coille-tan: chef du pays des forêts. Κογκολιτάνος καί Άνηροέστης. Polyb. l. c.

Note 677: Τέλος έθελοντί καί μετά χάριτος παραδόντες τήν πόλιν, άθραυστοι καί άσινεϊς έχοντες τήν ώφέλειαν, είς τήν οίκείαν έπανήλθον. Polyb. l. II, p. 110.

Note 678: Idem. loc. cit.