Note 852: Boii ferè omnes, præter juventutem, quæ prædandi causâ in armis erat, (tunc in devias silvas recesserat) in ditionem venerunt.. Boii negligentiùs coactum agmen Romanorum quia ipsi procul abesse viderentur, improvisò agressuros se rati, per occultos saltus secuti sunt. Tit. Liv. l. XXXIII, c. 37.
Note 853: Lævos, Libuosque quùm pervastasset.
Tit. Liv. l. XXXIII, c. 37.
Note 854: Ibi quantam vim ad stimulandos animos ira haberet apparuit: nam ita cædis magis quàm victoriæ avidi pugnarunt Romani, ut vix nuncium cladis hosti relinquerent. Tit. Liv. l. XXXIII, c. 37. —Paul. Oros. l. IV, c. 20.—Fasti Capitol.
ANNEE 195 ava nt J.-C.
La campagne de 195 s'ouvrit encore, pour les Romains, sous les auspices les plus favorables; le consul L. Valérius Flaccus battit l'armée boïenne, près de la forêt Litana, et lui tua huit mille hommes; mais ce fut là tout, Valérius perdit le reste de la saison à faire reconstruire les maisons de Placentia et de Crémone[855]. Chargé, l'année suivante en qualité de proconsul, des opérations militaires dans la Transpadane, il y montra plus d'activité. Une armée boïenne, sous la conduite d'un chef nommé Dorulac, était venue soulever les Insubres: Valérius attaqua, près de Médiolanum, leurs forces réunies, les défit, et leur tua dix mille hommes[856].
Note 855: Tit. Liv. l. XXXIV, c. 21, 42.
Note 856: Tit. Liv. l. XXXIV, c. 46.—Paul. Oros. l. IV, c. 20.
ANNEE 194 avant J.-C.
Rome déployait contre la Cisalpine trois armées à la fois. Tandis qu'un proconsul tenait la Transpadane, les deux consuls furent envoyés sur la rive droite du Pô, avec leurs légions respectives; ce qui faisait monter à soixante-cinq mille hommes environ les troupes romaines actives, non compris les garnisons des forteresses et les milices coloniales. De son côté la courageuse nation boïenne épuisait toutes les ressources du patriotisme. Son chef suprême Boïo-Rix[857], assisté de ses deux frères, organisa l'armement en masse de toute la population, et pourvut à la défense de la Cispadane, pendant que Dorulac faisait sur l'Insubrie sa malheureuse tentative. Le consul Tib. Sempronius Longus, arrivé le premier à la frontière gauloise, la trouva donc gardée par Boïo-Rix, et par une forte division boïenne. Le nombre et la confiance des Gaulois l'intimidèrent; n'osant livrer bataille, il se retrancha dans un poste avantageux, et écrivit à son collègue, P. Scipion-l'Africain, de venir le rejoindre immédiatement, espérant, ajoutait-il, traîner les choses en longueur jusqu'à ce moment[858]. Mais le motif qui portait le consul à refuser le combat était celui-là même qui poussait les Gaulois à le provoquer; ils voulaient brusquer l'affaire avant la jonction des consuls. Deux jours de suite, ils sortirent de leurs campemens, et se rangèrent en bataille, appelant à grands cris l'ennemi et l'accablant de railleries et d'outrages; le troisième, ils se décidèrent à attaquer, s'avancèrent au pied des retranchemens, et livrèrent un assaut général. Le consul fit prendre les armes en toute hâte, et ordonna à deux légions de sortir par les deux portes principales; mais les passages étaient déjà fermés par les assiégeans. Long-temps on lutta dans ces étroites issues, non-seulement à grands coups d'épée, mais boucliers contre boucliers et corps à corps, les Romains pour se faire jour, les Gaulois pour pénétrer dans le camp, ou pour empêcher leurs ennemis d'en sortir[859]. Aucun parti n'avait l'avantage, lorsque le premier centurion de la seconde légion et un tribun de la quatrième tentèrent un stratagème, qui souvent avait réussi dans des momens critiques, ils lancèrent leurs enseignes au milieu des rangs ennemis; jaloux de recouvrer leur drapeau, les soldats de la seconde légion chargèrent avec tant d'impétuosité, qu'ils parvinrent les premiers à s'ouvrir une route.
Note 857: Boiorix tunc Regulus eorum… ibid. Righ, que les Latins prononçaient rix, signifie roi, en Gaëlic; rhuy (cymr.); rûcik (armor.), un petit roi, un chef.