Note 858: Nuncium ad collegam mittit, ut si videretur ei, maturaret venire; se tergiversando in adventum ejus rem tracturum. Ibid.

Note 859: Diù in angustiis pugnatum est; nec dextris magis gladiisque gerebatur res, quàm scutis corporibusque ipsis obnixi urgebant: Romani ut signa foràs efferrent; Galli ut aut ipsi in castra penetrarent, aut exire Romanos prohiberent. Tit. Liv. l. XXXIV c. 46.

Déjà ils combattaient hors des retranchemens, et la quatrième légion restait encore arrêtée à la porte, lorsque les Romains entendirent un grand bruit à l'autre extrémité de leur camp; c'étaient les Gaulois qui avaient forcé la porte questorienne, et tué le questeur, deux préfets des alliés et environ deux cents soldats[860]. Le camp était pris de ce côté, sans une cohorte extraordinaire, laquelle, envoyée par le consul pour défendre la porte questorienne, tailla en pièces ou chassa ceux des assiégeans qui avaient déjà pénétré dans l'enceinte, et repoussa l'irruption des autres. Vers le même temps, la quatrième légion, avec deux cohortes extraordinaires, vint à bout d'effectuer sa sortie. Il se livrait donc trois combats simultanés en trois différens endroits autour du camp, et l'attention des combattans était partagée entre l'ennemi qu'ils avaient en tête, et leurs compagnons, dont les cris confus les tenaient dans l'incertitude sur leur sort, et sur le résultat de l'affaire. La lutte dura jusqu'au milieu du jour, avec des forces et des espérances égales. Enfin les Gaulois, cédant à une charge impétueuse, reculèrent jusqu'à leur camp; mais ils s'y rallièrent, et à leur tour, se précipitant sur l'ennemi, ils le culbutèrent et le poursuivirent jusqu'à ses retranchemens, où il se renferma de nouveau. Ainsi dans cette journée, les deux partis se virent successivement victorieux, et successivement en fuite[861].

Note 860: In portam quæstoriam irruperant Galli; resistentesque
pertinaciùs occiderant L. Posthumium quæstorem; et M. Atinium et
P. Sempronium, præfectos sociûm, et ducentos fermè milites.
Tit. Liv. l. XXXIV, c. 47.

Note 861: Ita varia hinc atque illinc nunc victoria, nunc fuga fuit.
Tit. Liv. l. XXXIV, c. 47.

Les Romains publièrent qu'ils n'avaient perdu que cinq mille hommes, tandis qu'ils en avaient tué onze mille[862]; malheureusement les Gaulois ne nous ont pas laissé leur bulletin. Sempronius se réfugia dans Placentia. Si l'on en croit quelques historiens, Scipion, après avoir opéré sa jonction avec lui, dévasta le territoire des Boïes et des Ligures, tant que leurs bois et leurs marais ne lui opposèrent point de barrières; d'autres prétendent que, sans avoir rien fait de remarquable, il retourna à Rome[863].

Note 862: Gallorum tamen ad undecim millia, Romanorum quinque millia sunt occisa. Tit. Liv. l. XXXIV, c. 47.

Note 863: Tit. Liv. l. XXXIV, c. 48.—Paul. Oros. l. IV, c. 20.

ANNEE 193 avant J.-C.

Cette campagne n'avait pas été sans gloire pour la nation boïenne; mais une guerre chaque année renaissante consumait rapidement sa population. Elle renouvela cependant le mouvement de l'année précédente, prit les armes en masse, et parvint à soulever la Ligurie. Le sénat alarmé proclama qu'il y avait tumulte[864]; des levées extraordinaires furent mises sur pied, et les deux consuls, Cornélius Merula et Minucius Thermus partirent, celui-ci pour la Ligurie, celui-là pour le pays boïen. Tant de batailles perdues, malgré tant d'efforts de courage, avaient enfin enseigné aux Gaulois que le manque de discipline et l'ignorance de la tactique étaient les véritables causes de leur faiblesse; ils renoncèrent donc, mais trop tard, aux batailles rangées et aux affaires décisives par masses d'hommes et en rase campagne. Au lieu de tenir la plaine, comme auparavant, ils se ralliaient dans les forêts pour tomber à l'improviste sur l'ennemi dès qu'il approchait des bois. Ils fatiguèrent quelque temps, par ces manœuvres, l'armée du consul Merula; mais celui-ci, ayant déjoué une de leurs embuscades, les força d'accepter la bataille; ils se trouvaient alors non loin de Mutine. La bataille fut terrible, et dura depuis le lever jusqu'au milieu du jour. Le corps des vétérans romains, rompu par une charge des Gaulois, fut anéanti. Pendant long-temps, les Boïes, qui n'avaient que très-peu de cavalerie, soutinrent les charges répétées de la cavalerie romaine, sans que leur ordonnance en souffrît: leurs files restaient serrées, s'appuyant les unes sur les autres, et les chefs, le gais en main, frappaient quiconque chancelait ou faisait mine de quitter son rang[865]. Enfin la cavalerie des auxiliaires romains les entama, et, pénétrant profondément au milieu d'eux, ne leur permit plus de se rallier. Les historiens de Rome avouent que la victoire fut long-temps incertaine, et coûta bien du sang; quatorze mille Gaulois restèrent sur la place, dix-huit cents seulement mirent bas les armes[866].