Note 864: Ob eas res tumultum esse.—Tit. Liv. l. XXXIV, c. 56.
Note 865: Obstabant duces, hostilibus cædentes terga trepidantium, et
redire in ordines cogentes. Tit. Liv, l. XXXV, c. 5.
Note 866: Quatuordecim millia Boïorum cæsa sunt: vivi capti mille
nonaginta duo; equites septingenti viginti unus. T. L. l. XXXV, c. 5.
ANNEE 192 avant J.-C.
Les consuls Domitius Ænobarbus et L. Quintius Flamininus eurent ordre de continuer la guerre. Les ravages qu'ils exercèrent dans tout le pays, durant l'année 192, furent si terribles, qu'un grand nombre de riches familles gauloises, ne voyant plus de sauve-garde ailleurs, se réfugièrent dans le camp même des Romains. Le conseil national des Boïes ne tarda pas non plus à faire sa paix, et les principaux chefs se transportèrent avec leurs femmes et leurs enfans auprès des consuls. Le nombre de ces malheureux qui croyaient trouver dans le camp romain, sous la garantie de l'hospitalité romaine, repos et respect pour leurs personnes, s'élevait à quinze cents, appartenant tous à la classe opulente et la plus élevée en dignité[867]. Mais, plus d'une fois, ils durent regretter les champs de bataille où du moins la mort était utile et glorieuse, où les souffrances et les outrages ne restaient pas impunis. Le trait suivant, conservé par l'histoire, fera assez connaître quelle était pour les Gaulois supplians et désarmés la paix du peuple romain et l'hospitalité de ses consuls.
Note 867: Primò equites pauci cum præfectis, deinde universus senatus, postremò in quibus aut fortuna aliqua aut dignitas erat, ad mille quingenti ad consules transfugerunt. Tit. Liv. l. XXXV, c. 22.
Quintius Flamininus avait emmené de Rome une prostituée qu'il aimait, et comme ils s'étaient mis en route la veille d'un combat de gladiateurs, cette femme lui reprochait quelquefois, en badinant, de l'avoir privée d'un spectacle auquel elle attachait beaucoup de prix. Un jour qu'il était à table, dans sa tente, avec elle et quelques compagnons de débauche, un licteur l'avertit qu'un noble boïen arrivait, accompagné de ses enfans, et se remettait sous sa sauve-garde. «Qu'on les amène!» dit Flamininus. Introduit sous la tente consulaire, le Gaulois exposa, par interprète, l'objet de sa visite; et il s'étudiait, dans ses discours, à intéresser le Romain au sort de sa famille et au sien. Mais tandis qu'il parlait, une horrible idée se présenta à l'esprit de Flamininus: «Tu m'as sacrifié un combat de gladiateurs, dit-il, en s'adressant à sa maîtresse; pour t'en dédommager, veux-tu voir mourir ce Gaulois[868]?» Bien éloignée de croire sérieuse une telle proposition, la courtisane fit un signe. Aussitôt Flamininus se lève, saisit son épée suspendue aux parois de la tente, et frappe à tour de bras le Gaulois sur la tête. Étourdi, chancelant, le malheureux cherche à s'échapper, implorant la foi divine et humaine, mais un second coup l'atteint dans le côté et, sous les yeux de ses enfans qui poussaient des cris lamentables, le fait rouler aux pieds de la prostituée de Flamininus[869]. Que devait donc faire la soldatesque romaine dans sa brutalité, quand ces horreurs se passaient sous la tente des consuls?
Note 868: Vis tu, quoniam gladiatorium spectaculum reliquisti, jam hunc Gallum morientem aspicere? Tit. Liv. l. XXXIV, c. 42.
Note 869: Et quùm is vixdùm seriò annuisset; ad nutum scorti consulem stricto gladio, qui super caput pendebat, loquenti Gallo caput primùm percussit, deindè fugicnti…. latus transfodisse. Tit. Liv. l. XXXIV, c. 42.—Flamininus ne fut recherché pour ce crime que huit ans après, et encore sous la rigoureuse censure de Caton.
ANNEE 191 avant J.-C.