Note 877: En 190. Tit. Liv. l. XXXVII, c. 46, c. 47.

Note 878: En 183. Tit. Liv. l. XXXIX, c. 55.

Note 879: En 183. Tit. Liv. l. XXXIX, c. 55.

Note 880: En 189. Tit. Liv. l. XXXVII, c. 57.

ANNEE 187 avnat J.-C.

Instruits par l'exemple de leurs frères, les Insubres s'étaient hâtés de faire la paix, c'est-à-dire de se reconnaître sujets de Rome; il y avait déjà cinq ans que leur inaction dans la guerre boïenne leur méritait l'indulgence de cette république. Quant aux Cénomans, la fortune récompensa leur conduite perfide et lâche. Au milieu des calamités qui accablaient depuis onze ans la race gallo-kimrique, ce furent eux qui souffrirent le moins: peu d'entre eux périrent sur le champ de bataille; et le pillage à peine toucha leurs terres. Cette richesse même, il est vrai, excita la cupidité d'un préteur romain, M. Furius, cantonné dans la Transpadane; il ne leur épargna aucune vexation pour faire naître, s'il était possible, quelque soulèvement, dont son ambition et son avarice pussent tirer parti; il alla jusqu'à les désarmer en masse[881]. Mais les Cénomans ne se soulevèrent point; ils se contentèrent de porter leurs plaintes au sénat, qui, peu soucieux de favoriser les vues personnelles de son préteur, le censura et rendit aux Gaulois leurs armes[882]. Les Vénètes aussi se livrèrent sans coup férir à la république romaine dès qu'elle souhaita leur territoire: il n'en fut pas de même des Ligures; cette valeureuse nation résista long-temps, retranchée dans ses montagnes et dans ses bois; mais enfin elle céda, comme avaient fait les Boïes, après avoir été presque exterminée.

Note 881: M. Furius, prætor, insontibus Cenomanis, in pace speciem belli quærens, ademerat arma. Tit. Liv. l. XXXIX, c. 3. Παρελθών είς τούς Κενομανούς ώς φίλος, παρείλετο τά όπλα, μηδέν έγκλημα. Diod. Sicul. l. XXVI, p. 298.

Note 882: Diodor. Sicul.—Tit. Liv. loc. cit.

ANNEES 186 à 170 avant J.-C.

Maîtres de toute l'Italie circumpadane, où de nombreuses colonies répandaient rapidement les mœurs, les lois, la langue de Rome, les Romains commencèrent à provoquer les peuplades gauloises des Alpes. Ceux de leurs généraux qui commandaient l'armée d'occupation dans la Transpadane s'amusaient, par passe-temps, et en pleine paix, à se jeter sur les villages des pauvres montagnards, qu'ils enlevaient avec leurs troupeaux pour les vendre ensuite à leur profit dans les marchés aux bestiaux et aux esclaves, à Crémone, à Mantua, à Placentia. Le consul C. Cassius en emmena ainsi plusieurs milliers[883]. De si odieux brigandages révoltèrent les peuples des Alpes: ils prirent les armes, et demandèrent du secours au roi Cincibil[884], un des plus puissans chefs de la Transalpine orientale. Mais l'expulsion des Boïes et la conquête de toute la Circumpadane avaient répandu au-delà des monts la terreur du nom romain. Avant d'en venir à la force, Cincibil voulut essayer les voies de pacification. Il envoya à Rome, porter les plaintes des peuplades des Alpes, une ambassade présidée par son propre frère. Le sénat répondit: «Qu'il n'avait pu prévoir ces violences, et qu'il était loin de les approuver; mais que C. Cassius étant absent pour le service de la république, la justice ne permettait pas de le condamner sans l'entendre[885].» L'affaire en resta là; toutefois le sénat n'épargna rien pour faire oublier au chef gaulois ses sujets de mécontentement. Son frère et lui reçurent en présent deux colliers d'or pesant ensemble cinq livres, cinq vases d'argent du poids de vingt livres, deux chevaux caparaçonnés, avec les palefreniers et toute l'armure du cavalier; on y ajouta des habits romains pour tous les gens de la suite, libres ou esclaves. Ils obtinrent en outre la permission d'acheter dix chevaux chacun et de les faire sortir d'Italie[886].