Note 883: Indè (C. Cassium) multa millia in servitutem abripuisse….
Tit. Liv. l. XLIII, c. 5.
Note 884: Ce nom paraît signifier chef des montagnes: ceann, cinn;
chef, ceap, cip, sommet, montagne.
Note 885: «Senatum ea quæ facta quærantur, neque scisse futura, neque
si sint facta probare: sed indictâ causâ damnari absentem consularem
virum injurium esse… » Tit. Liv. l. XLIII, c. 5.
Note 886: Illa petentibus data, ut denorum equorum illis commercium
esset, educendique ex Italiâ potestas fieret.
Tit. Liv. l. XLIII, c. 5.
Un autre événement prouva encore mieux à quel point la catastrophe des Gaulois cisalpins avait effrayé leurs frères d'au-delà des monts, et combien ceux-ci redoutaient d'entrer en querelle avec la république.
Une bande de douze mille Transalpins, franchissant tout-à-coup les Alpes par des défilés jusqu'alors inconnus, descendit dans la Vénétie, et, sans exercer aucun ravage, vint poser les fondemens d'une ville sur le territoire où depuis fut construite Aquilée[887]. Le sénat prescrivit au commandant des forces romaines dans la Cisalpine, de s'opposer à l'établissement de cette colonie, d'abord, s'il était possible sans employer la force des armes; sinon d'appeler à son secours quelqu'une des légions consulaires. Ce dernier parti fut celui qu'il adopta. À l'arrivée du consul, les émigrans se soumirent. Plusieurs d'entre eux avaient enlevé dans la campagne des instrumens de labour dont ils avaient besoin; le consul les força de livrer, outre ce effets qui ne leur appartenaient pas, tous ceux qu'ils avaient apportés de leur pays, et même leurs propres armes. Irrités de ce traitement, ils adressèrent leurs plaintes à Rome. Leurs députés, introduits dans le sénat, représentèrent: «Que l'excès de la population, le manque de terre et la disette, leur avaient fait une nécessité de passer les Alpes pour aller chercher ailleurs une autre patrie[888]. Trouvant un lieu inculte et inhabité, ils s'y étaient fixés sans faire tort à personne; ils y avaient même bâti une ville, preuve évidente qu'ils n'étaient venus dans aucun dessein hostile, ni contre les villes, ni contre le territoire des autres. Sommés de fléchir devant le peuple romain, ils avaient préféré une paix sure plutôt qu'honorable, aux chances incertaines de la guerre, et s'étaient remis à la bonne foi de la république avant de se soumettre à sa puissance. Peu de jours après, ils avaient reçu l'ordre d'évacuer leur ville et son territoire. Alors ils n'avaient plus songé qu'à s'éloigner sans bruit pour chercher quelque autre asile. Mais voici qu'on leur enlevait leurs armes, leur mobilier, leurs troupeaux. Ils suppliaient donc le sénat et le peuple romain de ne pas traiter plus cruellement que des ennemis des hommes à qui l'on n'avait à reprocher aucune hostilité[889].» Le sénat répondit: «Qu'ils avaient tort de venir en Italie et de bâtir sur le terrein d'autrui, et sans la permission du magistrat qui commandait dans la province[890]; que pourtant la spoliation dont ils se plaignaient ne pouvait être approuvée; qu'on allait envoyer avec eux des commissaires vers le consul, pour leur faire rendre tous leurs effets, mais sous la condition qu'ils retourneraient sans délai au lieu d'où ils étaient partis. Ces mêmes commissaires, ajoutait-on, vous suivront de près; ils passeront les Alpes pour signifier aux peuples gaulois de prévenir désormais toute émigration, de s'abstenir de toute tentative d'irruption. La nature elle-même a placé les Alpes entre la Gaule et l'Italie, comme une barrière insurmontable; malheur à quiconque tenterait de la franchir[891].»
Note 887: Galli transalpini transgressi in Venetiam, sine populatione aut bello, haud procul indè, ubi nunc Aquileia est, locum oppido condendo ceperunt. Tit. Liv. l. XXXIX, c. 22.—Duodecim millia armatorum erant. Id. c. 54.
Note 888: Se superante in Galliâ multitudine, inopiâ coactos agri et egestate, ad quærendam sedem Alpes transgressos… Tit. Liv. l. XXXIX, c. 54.
Note 889: Orare se senatum populumque romanum, ne in se innoxios deditos acerbius quam in hostes sævirent. Tit. Liv. l. C.
Note 890: Neque illos rectè gessisse quùm in Italiam venirent, oppidumque in alieno agro, nullius romani magistratûs, quia ei provinciæ præesset, permissu ædificare conati sint. Idem, ibid.