Note 917: Ή δε τών δώδεκα τετραρχών βουλή, άνδρες ήσαν τριακόσιοι.
Idem, l. XII, p. 567.

Note 918: Συνήγοντο δέ είς καλούμενον Δρυναίμετον… Idem, l. XII,
p. 567.—Der, derw, chêne; nemet, temple.

Les juges des tétrarchies et les tétrarques avaient la décision des affaires civiles entre Gaulois, et probablement de toute cause concernant les vaincus[919].

Note 919: Τά μέν ούν φονικά ή βουλή έκρινε, τά δ΄άλλα οί τετράρχαι, καί οί δικασταί. Strab. l. XII, p. 567.

La condition des deux branches de la population subjuguée paraît n'avoir pas été la même. Les Phrygiens étaient réduits à la servitude la plus complète; mais les Grecs, riches, industrieux, adroits, durent conserver un peu de liberté, et peut-être une partie de leur ancienne suprématie à l'égard de la race asiatique. Par la suite même, ils acquirent des droits politiques; un d'entre eux, sous le titre de premier des Grecs, prôtos tôn Hellênôn, fut investi d'une sorte de magistrature nationale, sans doute de la défense officielle des hommes de race hellénique, auprès des conseils et des tétrarques gaulois. Ce personnage, avec le temps, prit beaucoup d'importance; une inscription d'Ancyre qui en fait mention, nous le montre marié à une femme gauloise du plus haut rang et de la plus haute origine[920].

Note 920: Καρακυλαίαν Άρχιερείαν, άπόγονον βασιλέων, θυγατέρα τής
Μητροπόλεως, γυναϊκα Ίουλίου Σεουήρου, τοΰ πρώτου τών Έλλήνων…
Inscription trouvée à Ancyre par Tournefort, t. II, p. 450.

Les Gaulois apportèrent en Asie leurs croyances et leurs usages religieux, entre autres celui de sacrifier les captifs faits à la guerre[921]; mais ils ne se montrèrent point intolérans pour les superstitions des indigènes: ils laissèrent les Grecs adorer paisiblement Jupiter et Diane, et les Phrygiens vendre, comme auparavant, à toute l'Asie, les oracles de la mère des dieux.

Note 921: Athenæ. l. IV, c. 16.—Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 47.
—Eustath. in Homer. p. 1294.

C'était à Pessinunte, au pied du mont Agdistis, que se célébraient les grands mystères de la mère des dieux; là résidaient son pontife suprême et le haut collège de ses prêtres[922]. Elle était représentée par une pierre noire informe, qu'on disait tombée du ciel[923]; et les temples fameux élevés en son honneur, à Pessinunte, sur les monts Dindyme et Ida, et en beaucoup d'autres lieux, lui avaient fait donner les surnoms d'Agdistis, de Dindymène, d'Idæa, de Berecynthia, de Cybèle: c'était sous ce dernier que les Grecs la désignaient de préférence. Ses prêtres, appelés galles, de la petite rivière Gallus qui passait pour sacrée[924], se soumettaient, comme on sait, à des mutilations honteuses, et souillaient le culte de leur divinité par une infâme dissolution; mais leurs oracles n'étaient pas moins en grand crédit, et ils produisaient à Phrygie un revenu immense. Si la domination gauloise ne fit pas entièrement tomber cette industrie, au moins dut-elle l'entraver beaucoup[925], et exciter pour ce motif la haine violente du sacerdoce phrygien. La diminution de ses revenus n'était pas d'ailleurs la seule cause qui aiguillonnait son patriotisme. Antérieurement à la conquête, il s'était arrogé sur la race indigène une autorité presque absolue, il formait parmi les Phrygiens une théocratie que la conquête abolit[926]. Ces motifs d'intérêt, fortifiés par un juste ressentiment de l'oppression étrangère, établirent entre les prêtres d'Agdistis et leurs maîtres, une inimitié mortelle qui contribua puissamment à la ruine de ceux-ci.

Note 922: Strab. l. XII, p. 567.