Note 931: Γενομένης έκλείψεως σελήνης… ούκ άν έφασαν έτι προελθεϊν
είς τό πρόσθεν. Polyb. l. V, p. 420.
Note 932: Polyb. l. V, p. 420, 447.
ANNEE 216 avant J.-C.
Sur ces entrefaites, la seconde guerre punique se termina. Annibal, contraint de s'expatrier, vint chercher un refuge dans l'Asie mineure; là il travailla, de toutes les ressources de son génie, à susciter aux Romains des ennemis et une autre guerre. Rome, par ses victoires dans la Grèce européenne, menaçait l'Asie d'une conquête imminente; elle était même en quelque sorte déjà commencée. Attale venait de mourir, et le royaume de Pergame avait passé entre les mains d'Eumène, plus dévoué encore que ne l'était son prédécesseur aux volontés du sénat romain; de sorte que la république trouvait en lui moins un allié qu'un lieutenant. Annibal suivait d'un œil inquiet les intrigues et les progrès de ses mortels ennemis; il s'efforçait, par ses discours, d'alarmer les rois d'Asie et d'aiguillonner leur indolence; mais ceux-ci traitaient ses appréhensions de frayeurs personnelles et de chimères. «Nous serions étonnés, lui disaient-ils un jour, que les Romains osassent pénétrer en Asie.—Moi, répliqua ce grand homme, ce qui m'étonne bien davantage, c'est qu'ils n'y soient pas déjà.[933]» Ses sollicitations réussirent enfin auprès d'Antiochus, roi de Syrie, et de son gendre Ariarathe, roi de Cappadoce.
Note 933: Magis mirari quòd non jam in Asiâ essent Romani quàm venturos dubitare. Tit. Liv. l. XXXVI, c. 41.
ANNEE 191 avant J.-C.
Annibal, dans ses plans d'une ligue asiatique contre Rome, avait compté beaucoup sur la coopération des Gaulois, dont il connaissait et appréciait si bien la bravoure. Antiochus, d'après ses conseils, alla donc hiverner en Phrygie[934], où il conclut une alliance avec les tétrarques galates; mais il n'obtint qu'un petit nombre de troupes, ceux-ci prétextant que la Galatie n'était point menacée, et que son éloignement de toute mer la mettait à l'abri des insultes de l'Italie[935]. Les secours que le roi de Syrie ramena avec lui montaient seulement à dix ou douze mille hommes, tant auxiliaires que volontaires stipendiés. Il en envoya aussitôt quatre mille sur le territoire de Pergame, où ils commirent de tels ravages, que le roi Eumène, alors absent pour le service des Romains, se vit contraint de revenir en hâte; il eut peine à sauver sa capitale et la vie de son propre frère[936].
Note 934: In Phrygiam hibernavit undique auxilia accersens. Tit. Liv. l. XXXVII, c. 8.—Appian. Bell. Syriac. p. 89.—Suidas in verbo Γαλατία.
Note 935: Quia procul mari incolerent… Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 16.
Note 936: Tit. Liv. l. XXXVII, c. 18.