Note 942: Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 9.—Suidas voce Όρτιάγων.
Note 943: Εύεργετικός ήν καί μεγαλόψυχος, καί κατά τάς έντεύξεις εϋχαρις καί συνετός · τό γάρ συνέχον παρά Γαλάταις, άνδρώδης ήν καί δυναμικός πρός τάς πολεμικάς χρείας. Polyb. Collect. Constant. Aug. Porphyrogen.
Cependant le jeune Attale, frère d'Eumêne (celui-ci était alors à Rome), ne restait pas inactif, et, par ses intrigues, cherchait à préparer les voies aux Romains. Il attira dans leurs intérêts le tétrarque Épossognat, ami particulier d'Eumène, et qui, seul de tous les tétrarques gaulois, s'était opposé dans le conseil à ce que la nation secourût Antiochus[944]. Mais la connivence d'Épossognat les servit peu; car aucun chef ne partagea sa défection, et le peuple repoussa avec mépris la proposition de parler de paix[945], tandis qu'il avait les armes à la main. Dès les premiers jours du printemps, Cn. Manlius se mit en route avec son armée, forte de vingt-deux mille légionnaires[946], et il se fit suivre par Attale et l'armée pergaméenne, qui renfermait les meilleures troupes de la Grèce asiatique, et des corps d'élite levés soit en Thrace soit en Macédoine[947]. Avant de mettre le pied sur le territoire gaulois, le consul fit faire halte à ses légions, et crut nécessaire de les haranguer. D'abord il regardait cette guerre comme dangereuse; mais surtout il craignait que les discours des Asiatiques, en exagérant encore le péril, n'eussent agi défavorablement sur l'esprit du soldat romain. Il s'étudia donc à combattre ces terreurs, cherchant à démontrer, par des raisons qu'il supposait spécieuses, que ces mêmes Gaulois, redoutables aux bords du Rhône ou du Pô, ne pouvaient plus l'être aux bords du Sangarius et de l'Halys, du moins pour des légions romaines.
Note 944: Tit. Liv. l. XXXVIII c. 18.
Note 945: Polyb. ex excerptis legation. XXXIII.
Note 946: Tit. Liv. l. XXXVII, c. 39.
Note 947: Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 12, 18; XXXVII, c. 39.
«Soldats, leur dit-il, je sais que, de toutes les nations qui habitent l'Asie, aucune n'égale les Gaulois en renommée guerrière. C'est au milieu des plus pacifiques des humains que ces hordes féroces, après avoir parcouru tout l'univers, sont venues fonder un établissement. Cette taille gigantesque, cette épaisse et ardente crinière, ces longues épées, ces hurlemens, ces danses convulsives, tout en eux semble avoir été calculé pour inspirer l'effroi[948]. Mais que cet appareil en impose à des Grecs, à des Phrygiens, à des Cariens; pour nous, qu'est-ce autre chose qu'un vain épouvantail? Une seule fois jadis, et dans une première rencontre, ils défirent nos ancêtres sur les bords de l'Allia. Depuis cette époque, voilà près de deux cents ans que nous les égorgeons ou que nous les chassons devant nous, comme de vils troupeaux; et les Gaulois ont valu à Rome plus de triomphes que le reste du monde. D'ailleurs l'expérience nous l'a montré, pour peu qu'on sache soutenir le premier choc de ces guerriers fougueux, ils sont vaincus; des flots de sueur les inondent, leurs bras faiblissent, et le soleil, la poussière, la soif, au défaut du fer, suffisent pour les terrasser[949]. Ce n'est pas seulement dans les combats réglés de légions contre légions, que nous avons éprouvé leurs forces, mais aussi dans les combats d'homme à homme. Encore était-ce à de véritables Gaulois, à des Gaulois indigènes, élevés dans leur pays, que nos ancêtres avaient affaire. Ceux-ci ne sont plus qu'une race abâtardie, qu'un mélange de Gaulois et de Grecs, comme leur nom l'indique assez[950]. Il en est des hommes comme des plantes et des animaux, qui, malgré leurs qualités primitives, dégénèrent dans un sol étranger, sous l'influence d'un autre climat. Vos ennemis ne sont que des Phrygiens accablés sous le poids des armes gauloises[951]; vous les avez battus quand ils faisaient partie de l'armée d'Antiochus, vous les battrez encore. Des vaincus ne tiendront pas contre leurs vainqueurs, et tout ce que je crains, c'est que la mollesse de la résistance ne diminue la gloire du triomphe.
Note 948: Omnia de industriâ composita ad terrorem.
Tit. Livius. l. XXXVIII, c. 17.
Note 949: Jam usu hoc cognitum est, si primum impetum, quem fervido ingenio et cæcâ irâ effundunt, sustinueris; fluunt sudore et lassitudine membra, labant arma;… sol, pulvis, sitis, ut ferrum non admoveas, prosternunt. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 17.