Note 957: Galli Matris Magnæ à Pessinunte occurrere cum insignibus suis, vaticinantes fanatico carmine, Deam Romanis viam belli et victoriam dare, imperiumque ejus regionis. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 18.—Suidas voce Γάλλοι.

Note 958: Tit. Liv. l. XXXVIII, ub. sup.—Flor. l. II, c. 11.

L'avis unanime des trois chefs de guerre Ortiagon, Gaulotus et Combolomar, avait fait adopter aux Galates ce plan de défense. Voyant la population indigène fuir ou se soumettre sans combat, et le sacerdoce phrygien, tourner son influence contre eux, ils crurent prudent d'évacuer leurs villes, même leurs châteaux forts, et de se transporter en masse dans des lieux d'accès difficile, pour s'y défendre autant qu'ils le pourraient. Les Tolistoboïes se retranchèrent sur le mont Olympe, les Tectosages sur le mont Magaba, à dix milles d'Ancyre; les Trocmes mirent leurs femmes et leurs enfans en dépôt dans le camp des Tectosages, et se rendirent à celui des Tolistoboïes, menacé directement par le consul[959]. Maîtres des plus hautes montagnes du pays, et approvisionnés de vivres pour plusieurs mois, ils se flattaient de lasser la patience de l'ennemi. Ou bien, pensaient-ils, il n'oserait pas les venir chercher sur ces hauteurs presque inaccessibles, ou bien, s'il en avait l'audace, une poignée d'hommes suffirait pour l'arrêter. Si, au contraire, il restait inactif au pied de montagnes couvertes de neiges et de glaces perpétuelles, dès que l'hiver approcherait, le froid et la faim ne tarderaient pas à l'en chasser. Bien que l'élévation et l'escarpement des lieux les défendissent suffisamment, ils environnèrent leurs positions d'un fossé et d'une palissade. Comme leur arme habituelle était le sabre et la lance, ils ne firent pas grande provision de traits et d'armes de jet, comptant d'ailleurs sur les cailloux que ces montagnes âpres et pierreuses leur fourniraient en abondance[960].

Note 959: Tolistobogiorum civitatem Olympum montem cepisse; diversos
Tectosagos alium montem qui Magaba dicitur petisse: Trocmos,
conjugibus ac liberis apud Tectosagos depositis, armatorum agmine
Tolistobogiis statuisse auxilium ferre. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 19.
—Flor. l. II, c. 11.

Note 960: Saxa affatim præbituram asperitatem ipsam locorum
credebant. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 19.

Le consul s'était bien attendu qu'au lieu de joindre son ennemi corps à corps il aurait à combattre contre la difficulté du terrein; et il s'était approvisionné amplement de dards, de hastes, de balles de plomb, et de cailloux propres à être lancés avec la fronde. Pourvu de ces munitions, il marcha vers le mont Olympe et s'arrêta à cinq milles du camp gaulois. Le lendemain, il s'avança avec Attale et quatre cents cavaliers pour reconnaître ce camp et la montagne; mais tout à coup un détachement de cavalerie tolistoboïenne fondit sur lui, le força à tourner bride, lui tua plusieurs soldats, et en blessa un grand nombre. Le jour suivant, Manlius revint avec toute sa cavalerie pour achever la reconnaissance, et les Gaulois n'étant point sortis de leurs retranchemens, il fit à loisir le tour de la montagne. Il vit que, du côté du midi, des collines revêtues de terre s'élevaient en pente douce jusqu'à une assez grande hauteur; mais que, vers le nord, des rochers à pic rendaient tous les abords impraticables, à l'exception de trois: l'un au milieu de la montagne, recouverte en cet endroit d'un peu de terre; les deux autres, sur le roc vif, au levant d'hiver et au couchant d'été. Ces observations terminées, il vint le même jour dresser ses tentes au pied de la montagne[961].

Note 961: Tit. Liv. l. XXXVIII. c. 20.

Dès le lendemain, il se mit en devoir d'attaquer. Partageant son armée en trois corps, il se dirigea par la pente du midi et à la tête du plus considérable. L. Manlius, son frère, eut l'ordre de monter avec le second par le levant d'hiver, tant que le permettrait la nature des lieux et qu'il ne courrait aucun risque; mais il lui fut recommandé de s'arrêter, s'il rencontrait des escarpemens dangereux, et de rejoindre la division principale par des sentiers obliques. C. Helvius, commandant du troisième corps, devait tourner insensiblement le pied de la montagne et tâcher de la gravir par le couchant d'été. Les troupes auxiliaires furent également divisées en trois corps; le consul prit avec lui le jeune Attale; quant à la cavalerie, elle resta, ainsi que les éléphans, sur le plateau le plus voisin du point d'attaque. Il fut enjoint aux principaux officiers d'avoir l'œil à tout, afin de porter rapidement du secours là où il en serait besoin[962].

Note 962: Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 20.

Rassurés sur leurs flancs, qu'ils regardaient comme inabordables, les Gaulois envoyèrent d'abord quatre mille hommes fermer le passage du côté du midi, en occupant une hauteur éloignée de leur camp de près d'un mille; cette hauteur commandant la route, ils croyaient pouvoir s'en servir comme d'un fort pour arrêter la marche de l'ennemi[963]. A cette vue Cn. Manlius se prépara au combat. Ses vélites se portèrent en avant des enseignes, avec les archers crétois d'Attale, les frondeurs, et les corps de Tralles et de Thraces. L'infanterie légionaire suivit au petit pas, comme l'exigeait la roideur de la pente, ramassée sous le bouclier, de manière à éviter les pierres et les flèches. A une assez forte distance, le combat s'engagea à coups de traits, d'abord avec un succès égal. Les Gaulois avaient l'avantage du poste, les Romains celui de l'abondance et de la variété des armes. Mais l'action se prolongeant, l'égalité ne se soutint plus. Les boucliers étroits et plats des Gaulois ne les protégeaient pas suffisamment; bientôt même, ayant épuisé leurs javelots et leurs dards, ils se trouvèrent tout-à-fait désarmés, car, à cette distance, les sabres leur devenaient inutiles. Comme ils n'avaient pas fait choix de cailloux et de pierres, à l'avance, ils saisissaient les premiers que le hasard leur offrait, la plupart trop gros pour être maniables, et pour que des bras inexpérimentés sussent en diriger et en assurer les coups[964]. Les Romains cependant faisaient pleuvoir sur eux une grêle meurtrière de traits, de javelots, de balles de plomb qui les blessaient, sans qu'il leur fût possible d'en éviter les atteintes. L'historien de cette guerre, Tite-Live, nous a laissé un tableau effrayant du désespoir et de la fureur où cette lutte inégale jeta les Tolistoboïes.