Note 963: Eo se rati velut castello iter impedituros.
Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 21.
Note 964: Saxis, nec modicis, ut quæ non preparassent, sed quod cuique temerè trepidanti ad manum venisset, ut insueti, nec arte, nec viribus adjuvantes ictum, utebantur. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 21.
«Aveuglés, dit-il, par la rage et par la peur, leur tête s'égarait; ils n'imaginaient plus aucun moyen de défense contre un genre d'attaque tout nouveau pour eux. Car, tant que les Gaulois se battent de près, des coups qu'ils peuvent rendre ne font qu'enflammer leur courage; mais lorsque, atteints par des flèches lancées de loin, ils ne trouvent pas sur qui se venger, ils rugissent, ils se précipitent les uns contre les autres comme des bêtes féroces que l'épieu du chasseur a frappées[965]. Une chose rendait leurs blessures encore plus apparentes, c'est qu'ils étaient complètement nus. Comme ils ne quittent jamais leurs habits que pour combattre, leurs corps blancs et charnus faisaient alors ressortir et la largeur des plaies et le sang qui en sortait à gros bouillons. Cette largeur des blessures ne les effraie pas; ils se plaisent, au contraire, à agrandir par des incisions celles qui sont peu profondes, et se font gloire de ces cicatrices comme d'une preuve de valeur[966]. Mais la pointe d'un dard affilé leur pénètre-t-elle fort avant dans les chairs, sans laisser d'ouverture bien apparente, et sans qu'ils puissent arracher le trait, honteux et forcenés, comme s'ils mouraient dans le déshonneur, ils se roulent à terre avec toutes les convulsions de la rage[967].» Tel était le spectacle que présentait la division gauloise opposée à Manlius; un grand nombre avaient mordu la poussière; d'autres prirent le parti d'aller droit à l'ennemi, et du moins ceux-ci ne périrent pas sans vengeance. Ce fut le corps des vélites romains qui leur fit le plus de mal. Ces vélites portaient au bras gauche un bouclier de trois pieds, dans la main droite des javelots qu'ils lançaient de loin, et à la ceinture une épée espagnole; lorsqu'il fallait joindre l'ennemi de près, ils passaient leurs javelots dans la main gauche, et tiraient l'épée[968]. Peu de Gaulois restaient encore sur pied; voyant donc les légions s'avancer au pas de charge, ils regagnèrent précipitamment leur camp, que la frayeur de cette multitude de femmes, d'enfans, de vieillards qui y étaient renfermés, remplissait déjà de tumulte et de confusion. Le vainqueur s'empara de la colline qu'ils venaient d'abandonner.
Note 965: Ubi ex occulto et procul levibus telis vulnerantur, nec quò ruant cæco impetu habent; velut feræ transfixæ in suos temerè incurrunt. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 21.
Note 966: Interdùm insectâ cute, ubi latior quàm altior plaga est, etiàm gloriosiùs se pugnare putant. Tit. Liv. loc. citat.
Note 967: Iidem cùm aculeus sagittæ introrsùs tenui vulnere in speciem urit…. tùm in rabiem et pudorem tàm parvæ perimentis pestis versi, prosternunt corpora humi… Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 21.
Note 968: Hic miles tripedalem parmam habet et in dexterâ hastas, quibus eminùs utitur; gladio hispaniensi est cinctus; quòd si pede collato pugnandum est, translatis in lævam hastis stringit gladium. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 21.
Cependant L. Manlius et C. Helvius, chacun dans sa direction, avaient monté au couchant et au levant tant qu'ils avaient trouvé des sentiers praticables; arrivés à des obstacles qu'ils ne purent franchir, ils rétrogradèrent vers la partie méridionale, et commencèrent à suivre d'assez près la division du consul. Celui-ci avec ses légions gagnait déjà la hauteur que ses troupes légères avaient d'abord occupée. Là il fit faire halte et reprit haleine; et montrant aux légionnaires le plateau jonché de cadavres gaulois, il s'écria: «Si la troupe légère vient de combattre avec tant de succès, que ne dois-je pas attendre de mes légions armées de toutes pièces et composées de l'élite des braves? Les vélites ont repoussé l'ennemi jusqu'à son camp, où l'a suivi la terreur; c'est à vous de le forcer dans son dernier retranchement[969].» Toutefois il fit prendre encore les devans à la troupe légère, qui, loin de rester oisives, pendant que les légions faisaient halte, avait ramassé tout à l'entour les traits épars, afin d'en avoir une provision suffisante. À l'approche des assiégeans, les Gaulois se rangèrent en ligne serrée devant les palissades de leur camp; mais exposés là aux projectiles comme ils l'avaient été sur la colline, ils rentrèrent derrière le retranchement, laissant aux portes une forte garde pour les défendre. Manlius alors ordonna de faire pleuvoir sur la multitude, dont l'enceinte du camp était encombrée, une grêle bien nourrie de dards, de balles et de pierres. Les cris effrayans des hommes, les gémissemens des femmes et des enfans, annonçaient aux Romains qu'aucun de leurs coups n'était perdu[970]. À l'assaut des portes, les légionaires eurent beaucoup à souffrir; mais leurs colonnes d'attaque se renouvelant, tandis que les Gaulois qui garnissaient le rempart, privés d'armes de jet, ne pouvaient être d'aucun secours à leurs frères; une de ces portes fut forcée, et les légions se précipitèrent dans l'intérieur[971].
Note 969: Castra illa capienda esse, in quæ compulsus ab levi
armaturâ hostis trepidet. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 22.
Note 970: Vulnerari multos, clamor permixtus mulierum atque puerorum
ploratibus significabat. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 22.