Note 993: Suidas, voce Γαλατία.
Note 994: Ut morem vagandi cum armis finirent, agrorumque suorum terminis se continerent; pacem… cum Eumene servarent. Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 40.
ANNEE 187 avant J.-C.
L'humiliation des Gaulois, publiée chez toutes les nations orientales, par des récits lointains et exagérés, environna le nom romain d'un nouvel éclat. «Juda, dit un annaliste juif contemporain; Juda a entendu le nom de Rome, et le bruit de sa puissance….. Il a appris ses combats, et les grandes choses qu'elle a opérées en Galatie, comment elle a subjugué les Galates et leur a imposé tribut[995].» A Rome, les succès du consul eurent moins de faveur; plusieurs patriciens trouvèrent mauvais qu'il eût entrepris la guerre sans ordres formels du sénat; et deux de ses lieutenans, jaloux de lui, firent opposition lorsqu'il demanda le triomphe. On lui objectait l'illégalité d'une guerre qui n'avait été précédée ni de l'envoi d'ambassadeurs, ni des cérémonies exigées par la religion. «Manlius, ajoutait-on, avait consulté dans cette affaire beaucoup plus son ambition que l'intérêt public. Que de peines ses lieutenans n'avaient-ils pas eues à l'empêcher de franchir le Taurus malgré les malheurs dont la Sibylle menaçait Rome, si jamais ses enseignes osaient dépasser cette borne fatale? Le consul pourtant s'en était approché autant qu'il avait pu; n'avait-il pas été camper sur la cime même, au point de départ des eaux[996]?» Enfin on reproduisait contre lui, pour ravaler la gloire du succès, des argumens pareils à ceux dont il s'était lui-même servi, près de la frontière gallo-grecque, pour combattre les terreurs de ses soldats.
Note 995: Et audivit Judas nomen Romanorum, quia sunt potentes viribus… Et audierunt prælia eorum, et virtutes bonas quas fecerunt in Galatiâ: quia obtinuerunt eos et duxerunt sub tributum. Machab. l. I, c. VIII, v. 1 et 2.
Note 996: Cupientem transire Taurum, ægrè omnium legatorum precibus, ne carminibus Sibyllæ prædictam superantibus terminos fatales cladem experiri vellet, retentum: admovisse tamen exercitum, et propè ipsis jugis ad divortia aquarum castra posuisse. Tit. Liv. l. XXXVIII c. 46.
Manlius répondit avec éloquence[997]; il prouva que sa conduite avait été conforme aux intérêts et à la politique du sénat; il adjura son prédécesseur, L. Scipion, de témoigner que cette guerre ne pouvait être différée sans danger. Il ajouta: «Je n'exige pas, sénateurs, que vous jugiez des Gaulois habitans de l'Asie par la barbarie connue de la nation gauloise, par sa haine implacable contre le nom romain. Laissez de côté ces justes préventions, et n'appréciez les Gallo-Grecs qu'en eux-mêmes, indépendamment de toute autre considération. Plût aux dieux qu'Eumène fût ici présent avec les magistrats de toutes les villes de l'Asie! Certes, leurs plaintes auraient bientôt fait justice de ces accusations. A leur défaut, envoyez des commissaires chez tous les peuples de l'Orient; faites-leur demander si on ne les a pas affranchis d'un joug plus rigoureux en réduisant les Gaulois à l'impuissance de nuire, qu'en reléguant Antiochus au-delà du mont Taurus. Que l'Asie tout entière vous dise combien de fois ses campagnes ont été ravagées, ses belles cités pillées, ses troupeaux enlevés; qu'elle vous exprime son affreux désespoir, quand elle ne pouvait obtenir le rachat de ses captifs, quand elle apprenait que ses enfans étaient immolés par les Gaulois à des dieux farouches et sanguinaires comme eux[998]. Sachez que vos alliés ont été les tributaires des Gallo-Grecs, et qu'affranchis par vous de la domination d'un roi, ils n'en continueraient pas moins de payer tribut, si je m'étais endormi dans une honteuse inaction. L'éloignement d'Antiochus n'aurait servi qu'à rendre le joug des Gaulois plus oppressif, et vos conquêtes en-deçà du mont Taurus auraient agrandi leur empire et non le vôtre[999].»
Note 997: Tite Live donne comme authentique le discours qu'il lui fait tenir: Manlium in hunc maximè modum respondisse accepimus. l. XXXVIII, c. 47.
Note 998: Quum vix redimendi captivos copia esset, et mactatas
humanas hostias immolatosque liberos suos audirent.
Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 47.
Note 999: Gallorum imperio, non vestro adjecissetis.
Tit. liv. l. XXXVIII, c. 48.