Note 147: Philist. ap. Dionys. Halic. l. C.—Fréret, t. IV, p. 300,
Œuvres complètes. Paris, 1796.

Note 148: Dionys. 1. I, 20-28.—Plin. 1. III, 14-15.—Cf. Cluver.
Ital. antiq. l. II, c. 4.

Possesseurs paisibles de ce grand territoire, les Ambra ou Ombres (nom sous lequel ils sont plus connus dans l'histoire) s'y organisèrent suivant les usages des nations galliques. Ils le partagèrent en trois régions ou provinces, déterminées par la nature du pays. La première, sous le nom d'Is-Ombrie[149] ou de Basse-Ombrie, comprit les plaines circumpadanes; la seconde, appelée Oll-Ombrie[150] ou Haute-Ombrie renferma les deux versans de l'Apennin et le littoral montueux de la mer supérieure; la côte de la mer inférieure, entre l'Arno et le Tibre, forma la troisième, et reçut la dénomination de Vil-Ombrie[151], ou d'Ombrie maritime. Dans ces circonstances, les Ombres prirent un accroissement considérable de population[152]; ils comptèrent, dans les haute et basse provinces seulement trois cent cinquante-huit grands bourgs que les historiens décorent du titre de villes[153]; leur influence s'étendit en outre sur toutes les nations italiques jusqu'à l'extrémité de la presqu'île.

Note 149: Is, ios, bas, inférieur. Ίσομβρία, Ϊσομβροι et Ϊσομβρες;
en latin, Insubria, Insubres.

Note 150: Olombria, Olombri, Όλομβρία, Όλομβροι. Ptolem.—Oll,
all
, haut, élevé: Armstrong's gaelic diction.

Note 151: Vilombria, Ούιλομβρία Ptolem.—Bil, vil, bord,
rivage. Armstrong's gaelic diction.

Note 152: Ήν τοϋτο τό έθνος έν τοϊς πάνυ μέγα. Dionys. Halic. l. I,
c. 16.

Note 153: Trecenta eorum oppida Tusci debellasse reperiuntur. Plin.
l. III. c. 14—Il restait encore dans la Haute-Ombrie du temps de
Pline quarante-six villes; douze avaient péri.

ANNEES 1000 à 600. avant J.-C.

Mais, dans le cours du onzième siècle, un peuple nouvellement émigré du nord de la Grèce entra en Italie par les Alpes illyriennes, traversa l'Isombrie comme un torrent, franchit l'Apennin, et envahit l'Ombrie maritime[154]; c'était le peuple des Rasènes[155] si célèbres dans l'histoire sous le nom d'Étrusques. Bien supérieurs en civilisation aux races de la Gaule et de l'Italie, les Étrusques connaissaient l'art de construire des forteresses et de ceindre leurs places d'habitation, de murailles élevées et solides, art nouveau pour l'Italie où toute l'industrie se bornait alors à rassembler au hasard de grossières cabanes sans plan et sans moyens de défense[156]. Une chose distinguait encore ce peuple des sauvages tribus ombriennes, c'est qu'il ne détruisait ou ne chassait point la population subjuguée; organisé, dans son sein, en caste de propriétaires armés, il la laissait vivre attachée à la glèbe du champ dont il l'avait dépouillée. Tel fut le sort des Ombres dans la partie de leur territoire située entre le cours du Tibre, l'Arno et la mer inférieure. Là disparurent rapidement les traces de la domination gallique. Aux villages ouverts et aux cabanes de chaume, succédèrent douze grandes villes fortifiées, habitation des conquérans et chefs-lieux d'autant de divisions politiques qu'unissait un lien fédéral[157]. Le pays prit le nom des vainqueurs et fut appelé dès lors Étrurie.