Note 163: Insubrium exules. Plin. l. III, c. 17-20.—Ils portaient vulgairement le nom collectif de Ligures. Caturiges Insubrium exules, undè orti Vagieni Ligures. Plin. l. c.—Plutarch. in Mario.—Mais ils ne reconnaissaient point d'autre nom national que celui d'Ambre (Ambro). Plutarch. ibid.—Voyez le récit de l'invasion des Cimbres, 2ème partie de cet ouvrage.
Note 164: Tit. Liv. l. V, c. 23.
Note 165: Plin. l. III, c. 17.
La nation ombrienne était réduite au canton montagneux qui s'étendait entre la rive gauche du Tibre et la mer supérieure, et comprenait l'Ollombrie avec une faible partie de la Vilombrie; les Étrusques vinrent encore l'y forcer, tandis que les peuples italiques, profitant de sa détresse, envahissaient sa frontière méridionale jusqu'au fleuve Æsis. Épuisée, elle demanda la paix et l'obtint. Avec le temps même, elle finit par s'allier intimement à ses anciens ennemis; elle adopta la civilisation, la religion, la langue, la fortune politique de l'Étrurie, volontairement toutefois et sans renoncer à son indépendance[166]: mais dès lors elle ne fut plus qu'une nation italienne, et pour nous son histoire finit là. Cependant cette culture étrangère n'effaça pas complètement son caractère originel. L'habitant des montagnes ombriennes se distingua toujours des autres peuples de l'Italie par des qualités et des défauts attribués généralement à la race gallique: sa bravoure était brillante, impétueuse, mais on lui reprochait de manquer de persévérance; il était irascible, querelleur, amoureux des combats singuliers; et cette passion avait même fait naître chez lui l'institution du duel judiciaire[167]. Quelques axiomes politiques des Ombres, parvenus jusqu'à nous, révèlent une morale forte et virile. «Ils pensent, dit un ancien écrivain, Nicolas de Damas, qui paraît avoir étudié particulièrement leurs mœurs, ils pensent qu'il est honteux de vivre subjugués; et que dans toute guerre, il n'y a que deux chances pour l'homme de cœur, vaincre ou périr[168].» Malgré l'adoption des usages étrusques, il se conserva dans les dernières classes de ce peuple quelque chose de l'ancien costume et de l'ancienne armure nationale; le gais, porté double, un dans chaque main, à la manière des Galls, fut toujours l'arme favorite du paysan de l'Ombrie[169].
Note 166: Hist. rom. passim.—Tab. Eugub. Cf. Micali et Lanzi.
Note 167: Όμβρικοί, όταν πρός άλλήλους έχωσιν άμφησβήτησιν, καθοπλισθέντες ώς έν πολέμω, μάχονται, καί δοκοϋσι δικαιότερα λέγειν οί τούς έναντίους άποσφάξαντες. Nic. Damasc. ap. Stob. serm. XIII.
Note 168: Αΐσχιστον ήγοϋνται ήττημένοι ζήν· άλλ' άναγκαίον ή νικάν ή άποθνήσκειν. Nic. Damasc. ap. Stob. serm. cit.
Note 169: Pastorali habitu, binis gaesis armati..Tit. Liv. IX dec. I.
ANNEES 1200 à 900. avant J.-C.
Tandis que la race gallique, au midi des Alpes, éprouvait ces alternatives de fortune, au nord des Alpes, quelques germes de civilisation apportés par le commerce étranger commençaient à se développer dans son sein. Ce fut, selon toute apparence, durant le treizième siècle que des navigateurs venus de l'Orient abordèrent pour la première fois la côte méridionale de la Gaule; attirés par les avantages que le pays leur présentait, ils y revinrent, et y bâtirent des comptoirs. Les Pyrénées, les Cévennes, les Alpes, recelaient alors à fleur de terre des mines d'or et d'argent; les montagnes de l'intérieur, d'abondantes mines de fer[170]; la côte de la Méditerranée fournissait un grenat fin qu'on suppose avoir été l'escarboucle[171]; et les indigènes ligures ou gaulois péchaient autour des îles appelées aujourd'hui îles d'Hières du corail dont ils ornaient leurs armes[172] et que sa beauté fit rechercher des marchands de l'Orient. En échange de ces richesses, ceux-ci importaient les articles ordinaires de leur traite: du verre, des tissus de laine, des métaux ouvrés, des instrumens de travail, surtout des armes[173].