Note 170: Posidon. ap. Athenæ. l. VI, c. 4.—Strab. l. III, p. 146; l. IV, p. 190.—Aristot. Mirab. ausc. p. 1115.
Note 171: Theophrast. Lapid. p. 393-396.—Lugd. Bat. 1613.
Note 172: Curalium laudatissimum circà Stæchades insulas… Galli gladios adornabant eo. Plin. l. XXXII, c. 2.
Note 173: Homer. Iliad. VI, 29; Odyss. XV, 424.—Ezechiel, c. 27. Cf. Heeren: Ideen ueber die Politik, den Verkehr und den Handel der vornehmsten Voelker der alten Welt.
Tout fait présumer que ce commerce entre l'Asie et la Gaule dut son origine aux Phéniciens, qui, dès le onzième siècle, entourant d'une ligne immense de colonies et de comptoirs tout le bassin occidental de la Méditerranée, depuis Malte jusqu'au détroit de Calpé, s'en étaient arrogé la possession exclusive. A l'égard de la Gaule, ils ne se bornèrent pas à la traite de littoral; l'existence de leurs médailles dans des lieux éloignés de la mer, la nature de leur établissement surtout témoignent qu'ils colonisèrent assez avant l'intérieur. L'exploitation des mines les attirait principalement dans le voisinage des Pyrénées, des Cévennes et des Alpes. Ils construisirent même, pour le service de cette exploitation, une route qui faisait communiquer la Gaule avec l'Espagne et avec l'Italie, où ils possédaient également des mines et des comptoirs. Cette route passait par les Pyrénées orientales, longeait le littoral de la Méditerranée gauloise, et traversait ensuite les Alpes par le col de Tende; ouvrage prodigieux par sa grandeur et par la solidité de sa construction, et qui plus tard servit de fondement aux voies massaliotes et romaines[174]. Lorsque ces intrépides navigateurs eurent découvert l'Océan atlantique, ils nouèrent aussi des relations de commerce avec la côte occidentale de la Gaule; surtout avec Albion et les îles voisines où ils trouvaient à bas prix de l'étain[175] et une espèce de murex, propre à la teinture noire[176].
Note 174: Polybe (l. II) nous apprend que cette route existait avant la seconde guerre punique, et que les Massaliotes y posèrent des bornes militaires à l'usage des armées romaines qui se rendaient en Espagne. Elle n'était point l'ouvrage des Massaliotes, qui, à cette époque, n'étaient encore ni riches ni puissans dans le pays, et qui d'ailleurs ne le furent jamais assez pour une entreprise aussi colossale. (V. ci-après, part. II, c. I). Les Romains remirent cette route à neuf, et en firent les deux voies Aurelia et Domitia.
Note 175: Le commerce de l'étain fit donner à ces îles le nom de Cassiterides (cassiteros, étain).
Note 176: Amati de restitutione purpurarum. Cons. Heeren, ouv. cité.
Une antique tradition passée d'Asie en Grèce et en Italie, où n'étant plus comprise elle se défigura, parlait de voyages accomplis dans tout l'Occident par le dieu tyrien, Hercule; et d'un premier âge de civilisation, que les travaux du dieu avaient fait luire sur la Gaule. La Gaule, de son côté, conservait une tradition non moins ancienne et qui n'était pas sans rapport avec celle-là. Le souvenir vague d'un état meilleur amené par les bienfaits d'étrangers puissans, de conquérans d'une race divine, se perpétuait de génération en génération parmi les peuples galliques; et lorsqu'ils entrèrent en relation avec les Grecs et les Romains, frappés de la coïncidence des deux traditions, ils adoptèrent tous les récits que ceux-ci leur débitèrent sur Hercule[177].
Note 177: Incolæ id magis omnibus adseverant quod etiam nos legimus in monumentis eorum incisum, Herculem……. Ammian. Marcell. l. XV, c. 9.