Note 232: Id Galli fortunæ suæ omen rati….. Idem, ibidem.
Note 233: Adjuvere ut quem primum, in terram egressi, occupârant locum, patentibus silvis communirent. Idem, ibidem.
Sitôt que cette expédition fut terminée, Bellovèse entra dans les Alpes, déboucha par le mont Genèvre sur les terres des Ligures Taurins[234], qui habitaient entre le Pô et la Doria, et marcha vers la frontière de la Nouvelle-Étrurie. Les Étrusques accoururent lui disputer le passage du Tésin, mais ils furent défaits et mis en déroute[235], laissant au pouvoir de la horde victorieuse tout le pays compris entre le Tésin, le Pô et la rivière Humatia, aujourd'hui le Sério. Un canton de ce territoire renfermait, ainsi que nous l'avons raconté plus haut, quelques tribus galliques, restes de l'antique nation ombrienne, qui se maintenaient, depuis trois cents ans, libres du joug des Étrusques; et ce canton portait encore le nom d'Isombrie[236]. On peut présumer, quoique l'histoire ne l'énonce pas positivement, que les descendans des Ambra reçurent, comme des frères et des libérateurs, les Galls qui leur arrivaient d'au-delà des Alpes, et qu'ils ne restèrent point étrangers au succès de la journée du Tésin. Quant à la horde de Bellovèse, ce fut pour elle un événement de favorable augure que de rencontrer, sur un sol ennemi, des hommes parlant la même langue et issus des mêmes aïeux qu'elle, une Isombrie enfin dont le nom rappelait aux Édues et aux Ambarres l'Isombrie des bords de la Saône et leur terre natale[237]. Frappés de cette coïncidence, et la regardant comme un présage heureux, tous, Édues, Arvernes, Bituriges, adoptèrent pour leur nom national celui d'Isombres ou d'Insubres, suivant l'orthographe romaine. Bellovèse jeta les fondemens d'une bourgade qui dut servir de chef-lieu à sa horde devenue sédentaire; il la plaça dans une plaine à six lieues du Tésin, et à six de l'Adda; et la nomma Mediolanum; elle forma depuis une grande et illustre ville qui aujourd'hui même a conservé la trace de son ancien nom[238].
Note 234: Taurino saltu Alpes transcenderunt. Tit. Liv. l. V, c. 34.
Note 235: Fusis acie Tuscis, haud procul Ticino flumine. Id. ibid.
Note 236: Voyez ci-dessus, période 1000 à 600 av. JC.
Note 237: Quùm in quo consederant, agrum Insubrium appellari audissent, ibi omen sequentes loci, condidere urbem… Tit. Liv. l. V, c. 34.
Note 238: Mediolanum appellârunt. Id. ibid.—C'est la ville de Milan.
ANNEES 587 à 521. avant J.-C.
C'étaient les nations de l'orient et du centre de la Gaule, qui, refoulées par les nations galliques de l'occident, avaient déchargé leur population de l'autre côté des Alpes; ce fut bientôt le tour de celles-ci. Des Aulerkes, des Carnutes, surtout des Cénomans, se formèrent en horde, sous un chef nommé l'Ouragan, en langue gallique Éle-Dov[239] (Elitovius); et, après avoir erré quelque temps sur les bords du Rhône[240], passèrent en Italie, où, avec le secours des Insubres[241], ils chassèrent les Étrusques de tout le reste de la Transpadane, jusqu'à la frontière des Vénètes. Les principales bourgades qu'ils fondèrent, avec les débris des cités étrusques, furent Brixia[242] près du Mela, et Vérone[243] sur l'Adige.