Note 258: Aujourd'hui la Bohême, Boïo-haemum. Ce nom, qui signifie
en langue germanique demeure des Boïes (Boïo-heim) lui fut donné
par les Marcomans, qui s'en emparèrent après en avoir expulsé les
habitans. Tacit. German. c. 28.

3º La confédération des Belgs ou Belges, dont le nom paraît signifier guerriers[259]: errante dans les forêts qui bordent la rive droite du Rhin, elle menace la Gaule, où nous la verrons bientôt jouer à son tour le rôle de conquérante.

Note 259: Belgiaid, dont le radical est Bel, guerre.

Toutes les fois que, dans le cours de cette histoire, les deux races se trouveront en opposition, nous continuerons à les distinguer l'une de l'autre par leurs noms génériques de Galls et de Kimris. Mais lorsque, abstraction faite de la diversité d'origine, nous les montrerons en contact avec des peuples appartenant à d'autres familles humaines, la dénomination vulgairement reçue de Gaulois nous servira pour désigner, soit les deux races en commun, soit l'une d'elles séparément; quelquefois même ce mot sera pris dans une acception toute géographique, et signifiera collectivement les habitans de la Gaule, de quelques aïeux qu'ils descendent, Galls, Kimris, Aquitains ou Ligures. Nous adopterons aussi, pour nous conformer à l'usage, la division du territoire gaulois contigu aux Alpes, en deux Gaules: l'une transalpine, et l'autre cisalpine, et la subdivision de celle-ci en transpadane et cispadane, conservant à ces noms la signification qu'ils avaient chez les Romains, et que l'histoire a consacrée.

CHAPITRE II.

GAULE CISALPINE. Tableau de la haute Italie sous les Étruques; ensuite sous les Gaulois.—Courses des Cisalpins dans le centre et le midi de la presqu'île.—Le siège de Clusium les met en contact avec les Romains. —Bataille d'Allia.—Ils incendient Rome et assiègent le Capitole.—Ligue défensive des nations latines et étrusques; les Gaulois sont battus près d'Ardée par Furius Camillus.—Ils tentent d'escalader le Capitole, et sont repoussés.—Conférences avec les Romains; elles sont rompues; elles se renouent; un traité de paix est conclu.—Les Romains le violent.—Plusieurs bandes gauloises sont détruites par trahison; les autres regagnent la Cisalpine.

391—390.

ANNEES 587 à 391 avant J.-C.

Au moment où les émigrans gaulois franchirent les Alpes, la haute Italie présentait le spectacle d'une civilisation florissante. L'industrie étrusque avait construit des villes, défriché les campagnes, creusé des ports et de nombreux canaux, rendu le Pô navigable dans la presque totalité de son cours[260]; et la place maritime d'Adria, par son importance commerciale, avait mérité de donner son nom au golfe qui en baignait les murs[261]. Toute cette prospérité, toute cette civilisation eurent bientôt disparu. Les champs abandonnés se recouvrirent de forêts ou de pâturages; et des chaumières gauloises[262] s'élevèrent de nouveau sur l'emplacement de ces grandes cités qui avaient succédé elles-mêmes à des chaumières et à des bourgades gauloises.

Note 260: Omnia ea flumina fossasque primi à Pado fecêre Thusci.
Plin. l. III, c. 15.—Cf. Cluver. Ital. antiq. p. 419 et seq.