Note 261: Nobilis portus Hatriæ à quo Hatriaticum mare appellabatur.
Plin. l. III, c. 15.
Note 262: Polyb. l. II, p. 106.—Strab. l. V.
Cependant elles ne périrent pas toutes: par un concours de circonstances aujourd'hui inconnues, cinq restèrent debout: deux dans la Transpadane et trois dans la partie de l'Ombrie dont les Sénons s'étaient emparés. Les premières furent, Mantua[263] (Mantoue), défendue par le Mincio, qui formait autour d'elle un lac profond, et Melpum, place de guerre et de commerce, l'une des plus riches de la Nouvelle-Étrurie[264], et jadis le boulevard du pays contre les incursions des Isombres; les secondes, Ravenne, bâtie en bois, au milieu des marécages de l'Adriatique[265], Butrium, dépendance de Ravenne[266] et Ariminum[267]. À quelque motif que ces villes dussent d'avoir été épargnées, leur existence, on le sent bien, était très-incertaine et très-précaire; Melpum en présenta un exemple terrible; pour avoir mécontenté ses nouveaux maîtres, il se vit assailli à l'improviste, pillé et détruit de fond en comble[268].
Note 263: Mantua Tuscorum trans Padum sola relicta. Plin. l. III, c. 19.—Virgil. Æneid. X, 197 et seq.—Serv. Comm. ad X Æneid.
Note 264: Plin. l. III, c. 17.
Note 265: Έν δέ τοΪς έλεσι μεγίστη μέν έστι Ρ΄αουέννα, ξυλοπαγής όλη καί διάρρυτος… Όμβρικών κατοικία. Strab. l. V.
Note 266: Strab. l. c.—Plin. l. III, c. 15.
Note 267: Aujourd'hui Rimini.—Τό δ' Άρίμινον Όμβρικών έστι κατοικία, καθάπερ καί ή Ραουέννα, δέδεκται δ' έποίκους Ρωμαίους έκατέρα. Strab. l. c.
Note 268: Plin. l. III, c. 17.
Mais les villes qui furent assez prudentes ou assez heureuses pour éviter un sort pareil n'eurent dans la suite qu'à se féliciter de leur situation. Placées au sein d'une population qui n'avait pour le commerce ni goût ni habileté, et qui d'ailleurs manquait de marine, elles exploitèrent sans concurrence toute la Circumpadane; formant de grands entrepôts d'où les Gaulois tiraient les marchandises grecques et italiennes, où ils portaient les produits de leurs champs et le butin amassé dans leurs courses. C'étaient de petits états indépendans, tributaires, selon toute apparence, des nations cisalpines, qui les laissaient subsister. On les vit toujours garder entre ces nations et le reste de l'Italie une neutralité rigoureuse; les noms de Ravenne, d'Ariminum, de Mantoue, ne sont pas même mentionnés dans la longue série des guerres que les peuples gaulois et italiens se livrèrent pendant trois siècles dans toutes les parties de la péninsule.