Note 366: Έπί πέτρας έπροσβάτου πύλην ήνεψγμένην κατεσκεόύααν.
Polyæn. Stratag. l. VIII, 25.
Ainsi se termina cette expédition devenue depuis lors si fameuse et dont la vanité nationale des historiens romains a tant altéré la vérité. Il est probable qu'elle n'eut d'abord, chez les Gaulois, d'autre célébrité que celle d'une expédition peu productive et malheureuse, et que l'incendie de la petite ville aux sept collines frappa moins vivement les imaginations que le pillage de telle opulente cité de l'Étrurie, de la Campanie, ou de la grande Grèce. Mais plus tard, lorsque Rome plus puissante voulut parler en despote au reste de l'Italie, les fils des Boïes et des Sénons se ressouvinrent de l'avoir humiliée. Alors on montra dans les bourgs de Brixia, de Bononia, de Sena, les dépouilles de la ville de Romulus, les armes enlevées à ses vieux héros, les parures de ses femmes et l'or de ses temples. Plus d'un brenn, provoquant quelque consul au combat singulier, lui présenta, ciselée sur son bouclier, l'épée gauloise dans la balance[367]; et plus d'une fois le Romain captif aux bords du Pô entendit un maître farouche lui répéter avec outrage: «Malheur aux vaincus!»
Note 367:
In titulos (Chryxus) Capitolia capta trahebat;
Tarpeioque jugo demens et vertice sacro
Pensanteis aurum Celtas umbone ferebat.
Silius. Ital. l. IV, V. 147.
CHAPITRE III.
GAULE CISALPINE. Rome s'organise pour résister aux Gaulois.—Les Cisalpins ravagent le Latium pendant dix-sept ans.—Duels fabuleux de T. Manlius et de Valerius Corvinus.—Paix entre les Gaulois et les Romains.—Irruption d'une bande de Transalpins dans la Circumpadane; sa destruction par les Cisalpins.—Ligue des peuples italiens contre Rome; les Gaulois en font partie; bataille de Sentinum.—Les Sénons égorgent des ambassadeurs romains; ils sont défaits à la journée de Vadimon; le territoire sénonais est conquis et colonisé.—Drusus rapporte à Rome la rançon du Capitole.
ANNEES 389 à 366. avant J.-C.
Les deux invasions étrangères qui avaient précipité le retour de l'armée boïo-sénonaise, se terminèrent à l'avantage des Gaulois; les Vénètes furent repoussés au fond de leurs lagunes, et les montagnards dans les vallées des Alpes. Mais à ces guerres extérieures succédèrent des querelles intestines[368] qui absorbèrent pendant vingt-trois ans toute l'activité de ces peuplades turbulentes; ce furent vingt-trois années de répit pour l'Italie.
Note 368: Μετά δέ ταϋτα τοϊς έμφυλίοις συνείχοντο πολέμοις.
Polyb. l. II, p. 106.