Note 408: Tit. Liv. l. VIII, c. 20.
L'alarme était sans fondement; les précautions furent donc superflues, mais elles témoignent assez quelle épouvante le nom gaulois inspirait aux Romains, et peuvent servir de confirmation à ces paroles mémorables d'un de leurs écrivains célèbres: «Avec les peuples de l'Italie, Rome combattit pour l'empire; avec les Gaulois, pour la vie[409].»
Note 409: Cum Gallis pro salute non pro gloriâ certari. Sallust. de bell. Jugurth.
ANNEE 299 avant J.-C.
Depuis cinquante ans, les nations cisalpines semblaient avoir renoncé aux courses et au brigandage, lorsqu'une bande nombreuse de Transalpins déboucha des monts, et pénétra jusqu'au centre de la Circumpadane, demandant à grands cris des terres. Pris au dépourvu, les Cisalpins cherchèrent à détourner plus loin l'orage qu'ils n'avaient pas su prévenir. Ils reçurent les nouveau-venus en frères, et partagèrent avec eux leurs trésors[410]. «Voilà, leur dirent-ils en montrant le midi de l'Italie, voilà le pays qui nous fournit tout cela; de l'or, des troupeaux, des champs fertiles vous y attendent, si vous voulez seulement nous suivre.» Et, s'armant avec eux, ils les emmenèrent sur le territoire étrusque[411].
Note 410: Άπό μέν αύτών έτρεψαν τάς όρμάς τών έξανισταμένων, δωροφοροϋντες καί προτιθέμενοι τήν συγγένειαν. Polyb. l. II, p. 107.
Note 411: Polyb. l. II, p. 107.—Tit. liv. l. X, c. 10.
L'Étrurie était à l'abri d'un coup de main. Il y avait déjà long-temps que la confédération préparait en secret un grand armement destiné contre Rome, dont l'ambition menaçait de plus en plus son existence. Ses places étaient approvisionnées, ses troupes sur pied; il lui était facile de faire face aux bandes qui venaient l'attaquer; mais cette nouvelle guerre dérangeait tous les plans qu'elle avait formés pour une autre plus importante. Dans son embarras, elle eut recours à un singulier expédient. Elle fit proposer aux Gaulois de s'enrôler à son service tout armés, tout équipés, dans l'état où ils se trouvaient, et d'échanger immédiatement le nom d'ennemis contre celui d'alliés, moyennant une solde[412]. L'offre parut convenir; la solde fut stipulée et livrée d'avance, mais alors les Gaulois refusèrent de marcher. «L'argent que nous avons reçu, dirent-ils aux Étrusques, n'est autre qu'un dédommagement pour le butin que nous devions faire dans vos villes; c'est la rançon de vos champs, le prix de la tranquillité que nous laissons à vos laboureurs[413]. Maintenant, si vous avez besoin de nos bras contre vos ennemis les Romains, les voilà, mais à une condition: donnez-nous des terres!»
Note 412: Socios ex hostibus facere Gallos conantur.
Tit. Liv. l. X, c. 10.
Note 413: Quidquid acceperint accepisse ne agrum etruscum vastarent, armisque lacesserent cultores: militaturos tamen se… sed nullâ aliâ mercede quàm ut in partem agri accipiantur. Tit. Liv. l. c.