Note 463: Pausanias, l. X, p. 643.
Note 464: Τόν Βρέννον, τόν έπελθόντα έπί Δελφούς, Πραΰσόν τινές φασιν άλλ' οὐδέ τούς Πραύσους έχομεν είπεΰν, όπου γής ψκησαν πρότερον. Strab. l. IV, p. 187.—Braw, en langue galloise, signifie terreur; bras, en gaëlic, terrible.
ANNEE 281 avant J.-C.
Des régions de la haute Macédoine, comme d'un point central, partent quatre grandes chaînes de montagnes. La plus considérable, celle du mont Hémus, se dirige vers l'est, entoure la Thrace, borde le Pont-Euxin et envoie une branche de collines vers Byzance et vers l'Hellespont. Une seconde chaîne se détache du plateau de la haute Macédoine en même temps que l'Hémus, mais se prolonge vers le sud-est; c'est le Rhodope. Une troisième court de l'est vers l'ouest, celle des monts que les Galls avaient nommés Alban[465]. Enfin la quatrième, s'étendant au sud et au midi, donne naissance à toutes les montagnes de la Thessalie, de l'Épire, de la Grèce propre et de l'Archipel[466]. Conformément à cette disposition géographique, le Brenn dirigea sur trois points les forces de l'invasion. Son aile gauche, commandée par Cerethrius, ou plus correctement Kerthrwyz[467], entra dans la Thrace avec ordre de la saccager et de passer ensuite dans le nord de la Macédoine, soit par le Rhodope, soit en cotoyant la mer Égée. Son aile droite marcha vers la frontière de l'Épire pour envahir de ce côté la Macédoine méridionale et la Thessalie, tandis que lui-même, à la tête de l'armée du centre, pénétrait dans les hautes montagnes qui bornent la Macédoine au nord. Ces montagnes servaient de retraite à des peuplades sauvages d'origine thracique et illyrienne, continuellement en guerre avec les Galls. Il importait au succès de l'expédition et à la sauve-garde des tribus gauloises, durant l'absence d'une partie de ses guerriers, que ces peuplades ennemies fussent ou soumises ou détruites dès l'ouverture de la campagne: mais retranchées dans d'épaisses forêts, au milieu de rochers inaccessibles, elles surent résister plusieurs mois à tous les efforts du Brenn. Celui-ci n'épargna aucun moyen pour en triompher. On prétend qu'il empoisonna des bandes entières avec des vivres qu'il se laissait enlever dans des fuites simulées[468]; enfin ces peuplades furent exterminées par le fer, le feu et le poison, ou contraintes de livrer au vainqueur, sous le nom de soldats auxiliaires, l'élite de leur jeunesse[469]. Le Brenn songea alors à descendre le revers méridional de l'Hémus, pour aller rejoindre en Macédoine la division de Cerethrius et l'armée de droite; mais, comme on le verra tout à l'heure, des événemens contraires l'arrêtèrent dans sa marche et le firent changer de résolution.
Note 465: Ils étaient appelés par les Grecs Albani et aussi Albii
(Strab.).
Note 466: Maltebrun. Géograph. de l'Europe, vol. VI, p. 223.
Note 467: Certh, célèbre, remarquable; Certhrwyz, gloire. Owen's
Welsh diction.
Note 468: Οί Κελτοί τάς τροφάς καί τόν οΐνον πόαις δηλητηρίοις καταφαρμακεύουσι, καί καταλιπόντες έν ταϊς σκηναϊς αύτοί νύκτωρ έφευγον. Polyæn. Stratag. l. VII, c. 42.—Athen. l. X, c. 12.
Note 469: Appian. de Bell. Illyr. p. 758.
Tandis que le Brenn bataillait contre les montagnards de l'Hémus, l'aile droite arriva sans difficulté sur la frontière occidentale de la Macédoine; elle avait pour chef un guerrier probablement tectosage, appelé Bolg ou Belg[470]. Avant de poser le pied sur le territoire de la Grèce, Belg s'avisa d'une formalité qu'il crut sans doute équivaloir à une déclaration de guerre; il fit sommer le roi de Macédoine, alors Ptolémée, fils de Ptolémée, roi d'Égypte, de lui payer immédiatement une somme pour la rançon de ses états, s'il voulait conserver la paix[471]. Une telle sommation, si nouvelle pour les soldats de Philippe et d'Alexandre, surprit à juste titre les Macédoniens, mais elle jeta dans une colère terrible le roi Ptolémée, à qui la violence de son caractère avait mérité le surnom de foudre[472]. «Si vous avez quelque chose à espérer de moi, dit-il avec emportement aux députés gaulois, annoncez à ceux qui vous envoient qu'ils déposent sur-le-champ leurs armes et me livrent leurs chefs; et qu'alors je verrai quelle paix il me convient de vous accorder[473].» Les messagers, en entendant ces paroles, se mirent à rire. «Tu verras bientôt, lui dirent-ils, si c'était dans notre intérêt ou dans le tien que nous te proposions la paix[474].» Belg passa la frontière, et s'avança à marches forcées dans l'intérieur du royaume; il ne tarda pas à rencontrer l'armée macédonienne, que le Foudre lui-même commandait, monté sur un éléphant, à la manière des rois de l'Asie[475].