—Ta mère m'a empoisonné. Tu es roi. Fais-moi justice!

À cette nouvelle, le jeune roi descend à l'écurie, selle son meilleur cheval et part dans la nuit noire. Il charge un de ses amis de dire à sa fiancée qu'elle ne le verra plus et qu'elle doit entrer dans un couvent, et il se retire parmi les aigles, sur une montagne, où il boit l'eau des sources et mange des baies sauvages. Là, son père lui apparaît et, pour la deuxième et pour la troisième fois, le somme de le venger.

—Père, vous serez obéi.

Au coucher du soleil, il frappait à la porte de son château.

—Bonsoir, ma mère, ma pauvre mère.

—Bonsoir, mon fils. D'où viens-tu? Je veux le savoir.

—Ma mère, ma pauvre mère, je vous le dirai à souper. Je vous le dirai quand nous serons seuls. À table! J'ai faim.

Ils s'attablèrent tous deux. Quand ils furent seuls, le roi dit:

—Ma mère, ma pauvre mère, vous voulez savoir d'où je viens. Je viens de voir du pays. Je viens d'épouser ma maîtresse. Demain, vous l'aurez ici.

Pour comprendre ce qui suit, il faut savoir que l'idée d'avoir une bru à qui elle cédera son pouvoir est depuis longtemps intolérable à la méchante reine.