Frémont reprit ses supplications:

--Madame, montrez votre magnificence, ajoutez à cet envoi votre tenture de Leprince, la Fiancée moscovite. Et vous vous assurerez des droits à la reconnaissance nationale.

Elle était près de céder. Avant de consentir, elle interrogea du regard Joseph Lacrisse, qui lui dit:

--Envoyez-leur votre XVIIIe siècle, puisqu'ils en manquent.

Puis, par déférence pour le comte Davant, elle lui demanda ce qu'il fallait faire.

Il lui répondit:

--Faites ce que vous voudrez. Je n'ai pas de conseils à vous donner. Envoyez ou n'envoyez pas vos meubles à l'Exposition, ce sera tout un. Rien ne fait rien, comme disait mon vieil ami Théophile Gautier.

--Ça y est, pensa Frémont! Je vais tout à l'heure aller annoncer au ministère que j'ai décroché la collection Bonmont. Cela vaut bien la rosette.

Et il sourit intérieurement. Ce n'est pas qu'il fût un sot. Mais il ne méprisait pas les distinctions sociales, et il trouvait piquant qu'un condamné de la Commune fût officier de la Légion d'honneur.

--Il faut pourtant, dit Joseph Lacrisse, que je prépare le discours que je prononcerai dimanche au banquet des Grandes-Écuries.