—Mais... du proella, chez Marie-Ange.
—Le monsieur lui doit bien cela,—insinue Nola Glaquin, en relevant pour s’essuyer la bouche le coin de son tablier.—Était-elle assez jolie pourtant, l’autre samedi, lorsque vous alliez côte à côte, dans la montée du Stif!... Jolie et alerte, en ses bas blancs, la jupe troussée!... Elle était comme une lumière, vous souvenez-vous?... comme un feu follet de la mer. Ah! elle est cruellement changée, la pauvre! Elle ne boit ni ne mange. Vous ne la reconnaîtrez plus quand vous la verrez...
On entend dans la rue des grincements de portes qui s’ouvrent, la cantilène lugubre d’une voix qui glapit. Et la vieille de s’écrier:
—Seigneur Dieu! les annonciateurs!... A tantôt, là-bas!... N’oubliez pas de vous munir d’un fanal...
Je m’informe auprès du syndic:
—Alors, c’est pour ce soir, ce proella?
—Dame! nous sommes à la fin du neuvième jour, et l’on n’a rien trouvé.
—Et je ne serai pas indiscret?...
—Au contraire. On vous saura le plus grand gré de cette marque d’estime... Prenez le temps de souper. Moi je vais quérir une lanterne et, si vous voulez, dans une demi-heure, nous partirons ensemble.
A peine s’est-il esquivé que les dalles du couloir retentissent d’un bruit de sabots cloutés.