D'autres disaient:

Bennoz Nédélek (bénédiction de Noël) au forgeron de Saint-Efflam!

Il les regarda disparaître les uns après les autres par l'échalier du cimetière, derrière le rideau noir des ifs. Et il se murmurait à lui-même:

—Je devrais les suivre. Ma place est parmi eux, là-bas, près des balustres du chœur.

Le carillon des cloches, dont les sons se précipitaient avant de s'éteindre, semblait l'appeler, le presser d'accourir:

—Dépêche-toi, Miliau… Dépêche-toi… Bim, baon!… bim, baon, baon!

Elles l'obsédaient, ces cloches. Pour ne les entendre plus, et aussi pour changer le cours de ses idées qui tournaient au noir, il reprit sa grosse masse, se remit à coups redoublés à battre le fer. Il ne s'arrêtait de battre que pour tirer sur le soufflet et de tirer sur le soufflet que pour battre. Il battait, il battait. Mais, chose étrange! la masse, si docile d'ordinaire, déviait à tout moment sur l'enclume, et le fer chaud, le beau fer souple couleur de feu, au lieu de chanter sous le marteau, exhalait un bruit strident comme une plainte.

Miliau en éprouva une sorte d'angoisse.

Des pressentiments sinistres voletaient autour de lui.

Pour se redonner du cœur, il entonna une sône alerte, la sône des filles de Plouzélambre, dont il était l'auteur.