—C'est bien, répondit Miliau. Avancez au feu, si vous désirez vous chauffer. Mais fermez la porte, car il gèle terriblement.
Et, en parlant ainsi, il n'eût su dire si c'était l'air du dehors ou la présence de ce singulier visiteur qui lui avait donné subitement si froid. Ce qui est sûr, c'est qu'il se sentait transi.
L'autre repartit avec calme:
—Je ne me chauffe jamais.
—Qu'y a-t-il donc pour votre service? fit Miliau, agacé. Expliquez-vous promptement, car je n'ai pas de temps à perdre.
—Alors, c'est comme moi.
Ce disant, l'homme tendit à Miliau Arzur une grande faux de tous points identique à celles dont on se sert dans le pays breton pour la coupe des foins.
—Voici, poursuivit-il avec un flegme grave; il s'agirait de me rajuster cette faux; comme vous pouvez juger, la lame branle un peu dans le manche.
Le forgeron regarda un peu son interlocuteur, se demandant s'il n'avait pas affaire à un fou.
—Bah! se dit-il, le moyen le plus rapide de me débarrasser du personnage, c'est de réparer en un tour de main son instrument. Un rivet et trois coups de marteau suffiront.