Le lendemain matin, il la retrouva, ainsi qu’ils en étaient convenus. Elle fut gentille et simple, et affirma que, la veille, elle avait eu plus de plaisir que jamais. Seulement, ce ne serait pas ainsi chaque jour: il fallait être raisonnable. Le dimanche, oui, le dimanche, elle voulait bien qu’on se promenât: à cette espérance, elle applaudissait. En semaine, on se verrait le matin, peut-être une heure, mais pas plus, avant d’aller au travail l’un et l’autre. Elle marquait de petits gestes nets les articles de son programme.

Siméon dut consentir. On n’était qu’au mardi encore: il énuméra et il compta les jours de l’attente. Mais elle dit, d’un ton résolu:

—Voilà ce que Marie Galande a décidé, monsieur Siméon!

Ils rirent de «monsieur Siméon».

Puis ils cheminèrent par des rues quelconques, sans trop savoir où ils allaient. Une pauvresse, qui tenait un enfant dans ses bras, chanta, pour mendier, une romance,—une romance ridicule à cause du sentiment excessif et de la galanterie fade.—D’une fenêtre où il était enchaîné, un perroquet l’accompagna de cris et de roulades forcenés: il semblait rivaliser avec elle. Cette cacophonie amusait fort les passants. Si la pauvresse se taisait, l’animal se taisait aussi; au couplet suivant, il éclatait en vacarmes nouveaux.

Marie Galande s’indigna: elle voulait que l’on rentrât ce perroquet stupide et insolent qui ne laissait pas une chrétienne gagner sa vie. Elle rageait quand le public s’esclaffait.

—Est-ce Dieu permis! disait-elle.

Siméon fit le geste de chercher quelques sous dans sa poche pour les donner à la mendiante. Un peu timide, Marie Galande lui demanda:

—Ça ne te fait rien que ce soit moi qui les lui donne?

Il y avait plusieurs sous: elle admira la somme. En portant cette aumône, elle rougit. Toute confuse, elle revint à Siméon, lui prit le bras et l’entraîna. Comme elle était visiblement émue, elle expliqua: