—Tu sais, moi, je n’ai pas l’habitude ...

Elle sourit. Siméon s’attrista de ce petit visage puéril et doux, qui souriait; et il comprit la pauvreté perpétuelle de Marie Galande, sa pauvreté qui, de l’enfance, l’avait menée à ses vingt ans, au jour le jour, sans nulles délices.

A la devanture d’un magasin, dans ce faubourg, il y avait des robes dressées sur des mannequins d’osier, d’autres étalées, et des chapeaux avec des rubans et des fleurs. Siméon dit à Marie Galande:

—Ne voudrais-tu pas qu’une fois je te fasse cadeau d’une robe comme en voici?... Celle-ci, par exemple?...

De son doigt appuyé sur la vitre, il en désignait une qui était bleue, à volants, ornée de dentelle. Marie Galande se récria:

—Tu veux rire? Est-ce que tu vois Marie Galande avec tout ce fla-fla?... J’aurais l’air d’une dame, oui, drôlement!...

Siméon s’excusa:

—D’une demoiselle ...

—C’est ça!—reprit Marie Galande, fort égayée,—d’une demoiselle!... Est-ce que Marie Galande a l’air d’une demoiselle, voyons? Tu ne m’as donc pas regardée?

Il la regardait. Il la trouvait jolie. Il se la figurait, en demoiselle, ravissante. Elle eut une petite moue de dépit.