—Alors, si tu m’aimes beaucoup, aime-moi!

Elle cessa d’être irritée. Elle fut enjôleuse.

—Tu n’as pas encore vu—disait-elle—que, moi, je t’aime tant que je voudrais que tu me prennes dans tes bras ... comme on fait, tu sais ... C’est toujours moi qui te demande ce que tu devrais demander. Est-ce que tu me trouves laide? Non, n’est-ce pas, tu ne me trouves pas laide, et tu aurais du plaisir à me tenir dans tes bras?... Dis-le moi!... Non, ne me dis rien: je sais! Seulement, tu te figures que tu es vieux; tu te racontes des histoires tristes et qui te donnent du chagrin ... Mais tu n’es pas vieux, si tu m’aimes ... Que j’ai eu de peine à ce que tu m’accordes un baiser!... Tu te rappelles?... Eh! bien, aujourd’hui, il me faut tous les baisers, tous, tous! Voilà, je te l’ai dit; maintenant, fais comme tu voudras ...

Siméon la serra contre lui. Avec ferveur, il entoura de son bras frémissant la taille de Marie Galande. Sa main, sur la hanche de la jeune fille, tremblait.

—Allons chez toi,—dit Marie Galande.—Ce sera si doux d’être tous les deux! Je n’ai jamais été seule avec toi. Viens!

Ils respiraient difficilement, tant les serrait à la gorge l’angoisse de la pudeur et de la volupté. Ils allaient, d’un pas rapide et fiévreux.

—Tu ne me dis rien?—chuchota Marie Galande.

—Je t’aime, petite Marie Galande, je t’aime!...

—Dis-moi que tu es content et que tu n’as pas d’autre idée que d’être content; dis-le moi.

—Je te le dis, petite Marie Galande. Je t’aime, et c’est tout ...