Ils ne parlèrent pas davantage. A mesure qu’ils approchaient, leur émoi les précipitait avec plus de hâte vers l’asile de leur tendresse ... Siméon sentait battre ses tempes. Marie Galande croyait porter entre ses bras un trésor ineffable. La rue était déserte.

Ils arrivèrent. Ils entraient ... Marie Galande s’affaissa sur le seuil, poussant un cri d’oiseau blessé. Une décharge de revolver avait retenti. Et puis une autre ... Et puis un bruit de roulettes folles, en fuite sur le pavé ...

Siméon s’efforça de relever Marie Galande. Elle avait les yeux chavirés, la bouche ouverte affreusement.


III

UN MEURTRE

Que Marie Galande fût tuée, ce fait n’entra pas tout de suite dans l’esprit de Siméon. Du moins, s’il la vit morte, il ne conçut point aisément que ce dût être définitif. Son intelligence, frappée de stupeur, semblait avoir des portions paralysées et d’autres où les idées viraient, viraient comme les ailes d’un moulin sous la tempête.

Il avait senti Marie Galande défaillir, glisser le long de lui. Le petit bras, qu’il serrait, avait frémi d’une convulsion brève et puis s’était arraché de lui, entraîné par le poids du corps. Le corps avait tourné, puis était tombé sur le flanc.

Siméon s’efforça auprès de cette chose inerte. Il appela Marie Galande. Ses mains s’effarèrent de la mollesse du cadavre. S’il tirait les épaules, la tête se renversait en arrière. Il arrondit ses bras comme un berceau, pour la soutenir toute; il ne le put. Alors: il eut un immense besoin de secours, et il cria qu’on vînt à l’aide.