—Tu te railles de moi,—dit Picrate.—Tu veux encore m’humilier, m’avilir ...
—Tu aurais tort d’être orgueilleux!
—Je n’ai pas l’intention d’être orgueilleux. Mais enfin, que dois-je faire? Je te demande de me dire ce que je dois faire. Et toi, au lieu de me répondre, au lieu de m’aider, tu n’as d’autre soin que de me tourmenter davantage ... On le dirait ... Moi, cependant, je consentais à t’obéir ... Je t’obéirai, Siméon, si tu veux avoir pitié de moi. J’accepterais tout!... Dans l’état où je suis, il n’y a plus de sacrifice qui me coûte. Je suis abreuvé de douleur. Si tu m’avais conseillé de mourir, je serais mort,—tu l’as vu?
Il insista:
—Je serais mort! Tu n’avais qu’à l’ordonner.
Il poussa un soupir et, sans perdre de temps, ajouta:
—Mais je comprends bien qu’il faut vivre!
Et Siméon faillit éclater de rire, nerveusement, lorsque Picrate affirma, en secouant la tête:
—Il faut vivre, il faut vivre!...
Et Picrate, comme éperdu, reprit: