—Tu peux t’en aller, Siméon. Moi, je vais me livrer à la police. Je vais leur dire que c’est moi qui ai tué Marie Galande. Ils m’enverront au bagne. Voilà.

Siméon dit:

—Réfléchis encore. Du moment qu’on ne t’a point arrêté jusqu’à présent, tu peux très bien leur échapper.

—Ce n’est pas cela!...—répliqua Picrate.

—Alors?

—C’est que je ne trouve pas autre chose à faire. J’irai au bagne... C’est que tu m’as vidé de tout espoir, de tout désir, de toute idée!...

Siméon se récusait. Picrate dit:

—Je ne songe pas à te le reprocher, Siméon. Pourquoi?... Ne t’imagine pas que tu sois responsable du parti que je prends. Je l’aurais pris sans toi. Plus tard, peut-être. Il n’importe! Je l’aurais pris mal, stupidement, par instinct de bête traquée et qui a peur. De cette façon, c’est beaucoup mieux...

Picrate bavardait, bavardait. Une sorte de sérénité singulière lui vint, et les traits de son visage, peu à peu, se détendirent. Il sourit, en disant:

—Au moins, c’est vrai, ce que tu m’as raconté? Il n’y a rien, n’est-ce pas? rien, rien?